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mercredi 16 novembre 2016
vendredi 14 octobre 2016
RECTIFIONS ! avec les commentaires d'ODILE FILLOD
En découvrant cet article, tout d'abord : joie ! youpi ! on parle de mon meilleur ami puis vint la lecture et quelle déception de lire autant d'erreurs qui n'ont plus lieu d'être.
Je me permets donc de corriger en rouge selon les connaissances scientifiques disponibles à cette heure.
J'ajoute le 16 octobre ci dessous les commentaires de Odile Fillod chercheuse indépendante en sociologie des sciences et spécialiste des questions de sexe/genre. Merci sincèrement pour ces précisions :-)
J'ajoute le 16 octobre ci dessous les commentaires de Odile Fillod chercheuse indépendante en sociologie des sciences et spécialiste des questions de sexe/genre. Merci sincèrement pour ces précisions :-)
Comment marche le clitoris, l'organe du plaisir
Souvent boudé par les hommes, le clitoris a longtemps été ignoré par les chercheurs et les médecins. Depuis une quinzaine d'années, les connaissances progressent sur l'organe du plaisir et plus largement, sur la jouissance féminine. Coup de projecteur sur le clitoris...
Rappelons que le clitoris est connu depuis l’antiquité grecque. Les anatomistes européens
l’ont redécouvert au milieu du XVIème siècle en proposant alors de nouvelles descriptions
sur la base de leur dissection de cadavres. Charles Estienne à Paris, dans un traité
d’anatomie publié en 1545 en latin et 1546 en français, puis Realdo Colombo et Gabriele
Fallopio à Padoue, dans leurs traités respectifs de 1559 et 1561. Les premières
représentations montrant le gland et les longs piliers datent de 1600 (Casseri 1600), et les
bulbes vestibulaires sont dans tous les traités d’anatomie de la seconde moitié du 19ème
siècle (Kobelt, 1950).
Puis au 20ème siècle, une grande vague d’obscurantisme sexuel fait disparaitre le clitoris des traités d’anatomie. En 1998, l’urologue australienne Helen O'Connell ose briser l’omerta clitoridienne et remet au grand jour les découvertes précédentes.
Puis au 20ème siècle, une grande vague d’obscurantisme sexuel fait disparaitre le clitoris des traités d’anatomie. En 1998, l’urologue australienne Helen O'Connell ose briser l’omerta clitoridienne et remet au grand jour les découvertes précédentes.
Toutes les femmes ont un clitoris, parfois de taille réduite à quelques millimètres ou plus long, mesurant un centimètre ou plus. Il se compose du gland (l'équivalent du gland du pénis), partiellement recouvert par le prépuce , le capuchon. Mais le "petit bouton" que l'on voit n'est que la partie émergée de l'iceberg et cette découverte date de moins de 10 ans !
COMPLETEMENT FAUX ! (l'excision totale du clitoris était pratiquée en Europe , on connaissait donc très bien son anatomie complète)
Il se prolonge par le corps du clitoris, qui se divise en 2 corps caverneux, nommés les piliers du clitoris. Ceux-ci mesurent 10 cm environ , entre 8 et 12 cm selon les femmes et s'attachent aux ischions et se gorgent de sang lors de l'excitation sexuelle, exactement comme les corps caverneux du pénis. Autre partie : le bulbe, qui est composé d'un corps spongieux et s'accroche à la partie antérieure du vagin.
Lors de l’excitation sexuelle, l’érection du clitoris concerne essentiellement le corps du clitoris, juste derrière le gland, qui se redresse et le rend plus proéminent, donc plus visible et plus facile à repérer au toucher. Le gland se gorge aussi de sang, il devient plus ferme sans vraiment augmenter de taille. Simultanément, dans les structures profondes, les bulbes vestibulaires gonflent. L’érection du corps du clitoris est très variable : des femmes en ont de faibles, peu repérables, alors que d’autres en ont de très prononcées, avec un gland qui se manifeste en s’érigeant dans la vulve. De plus, chez une même femme, l’érection du clitoris peut varier, en fonction de son excitation mais aussi de nombreux critères comme la fatigue.
Le clitoris, le "nouveau point G" ?
La place primordiale du clitoris dans la jouissance féminine n'est plus à démontrer. Mais l'approfondissement des connaissances anatomiques a permis de mieux comprendre son rôle dans le soi-disant point G (qui n'a aucune réalité anatomique) , cette zone du vagin plus sensible aux stimulations. Il ne s'agit pas d'une zone anatomique délimitée sur le vagin,(l'anatomie du vagin et son innervation n'ont jamais été étudiée) mais d'un complexe formé par la paroi antérieure du vagin, l'urètre et le clitoris interne. Donc quand la pénétration fait jouir, c'est bien souvent par stimulation interne du clitoris. En réalité, tous les sexologues s'accordent sur un point : peu importe le mode de stimulation (qu'il s'agisse du clitoris ou du vagin), c'est le plaisir qui compte....
NON !!! Il est très important en consultation de pouvoir nommer ces plaisirs si différents. Nous parlons de jouissance pour exprimer le long plaisir vaginal ou anal comme des vagues chaudes et profondes irradiant l'ensemble du corps et d'orgasme pour décrire cette sensation si électrique montant jusqu'à l'explosion de la tension sexuelle , faisant doubler le rythme de la fréquence cardiaque et provoquant des spasmes réflexes du périnée , chez beaucoup de femmes une phase réfractaire, une tension forte dans les jambes qui se tendent et ou se serrent.
L’anatomie du clitoris montre une grande innervation du gland, mais les bulbes vestibulaires et les piliers du clitoris ne sont quasiment pas innervés, donc probablement insensibles. Pourtant, ce concept erroné est repris trop souvent, y compris par des féministes. Je pense qu’il s’agit d’une position idéologique qui tente de survaloriser l’orgasme vaginal, donc de sous-estimer l’orgasme clitoridien. Les bulbes vestibulaires sont des structures très érectiles. Lors de l’excitation, ils se gonflent de sang et sont visibles chez certaines femmes, latéralement, dans la vulve juste à l’entrée du vagin. Ce gonflement n’est jamais mentionné comme zone érogène ! Parfois même, ce gonflement est douloureux.
Un organe aimé des femmes mais négligé par les hommes
Un organe aimé des femmes mais négligé par les hommes
Les femmes qui se masturbent le savent bien, elles se font jouir à tous les coups ou presque. En revanche, l'orgasme durant le rapport n'est pas systématique, ce qui en frustrent certaines.
Alors qu'il est le moyen le plus simple pour jouir pour la majorité des femmes, le clitoris est souvent négligé par les hommes durant la pénétration. Par peur de ne pas savoir s'y prendre, ou parce qu'ils préfèrent donner du plaisir avec leur pénis, ils se focalisent sur la pénétration. Or stimuler le clitoris avec le doigt (attention, avec douceur et du lubrifiant ... nous sécrétons un lubrifiant naturel grâce aux glandes de Bartholin : la cyprine ou bien il suffit d'un peu de salive sur le bout du doigt ) ou avec la langue est une façon aisée de donner du plaisir à sa partenaire et de la mettre dans d'excellentes dispositions...(pour la pénétration ?...)
Si les femmes veulent augmenter le plaisir qu'elles prennent durant la pénétration, à elles de choisir les positions qui leur font le plus d'effet, ou celles qui leur permet de se caresser en même temps. C'est le cas de l'amazone (la femme sur l'homme), ou la cuillère (l'homme derrière la femme, les deux étant allongés sur le côté), ou encore la femme allongée sur l'homme (en frottant son sexe comme bon lui semble).
Alors qu'il est le moyen le plus simple pour jouir pour la majorité des femmes, le clitoris est souvent négligé par les hommes durant la pénétration. Par peur de ne pas savoir s'y prendre, ou parce qu'ils préfèrent donner du plaisir avec leur pénis, ils se focalisent sur la pénétration. Or stimuler le clitoris avec le doigt (attention, avec douceur et du lubrifiant ... nous sécrétons un lubrifiant naturel grâce aux glandes de Bartholin : la cyprine ou bien il suffit d'un peu de salive sur le bout du doigt ) ou avec la langue est une façon aisée de donner du plaisir à sa partenaire et de la mettre dans d'excellentes dispositions...(pour la pénétration ?...)
Si les femmes veulent augmenter le plaisir qu'elles prennent durant la pénétration, à elles de choisir les positions qui leur font le plus d'effet, ou celles qui leur permet de se caresser en même temps. C'est le cas de l'amazone (la femme sur l'homme), ou la cuillère (l'homme derrière la femme, les deux étant allongés sur le côté), ou encore la femme allongée sur l'homme (en frottant son sexe comme bon lui semble).
La première étude sur la distance entre le clitoris et le vagin remonte à 1924 : Marie Bonaparte a étudié, sur un échantillon de plus de 200 femmes, la distance entre le gland clitoridien et le méat urinaire. Elle a trouvé une grande variabilité de résultats, de 1,5 à 3,5cm ! Puis elle a comparé, sur un échantillon plus restreint de 43 femmes, la satisfaction sexuelle et la position du clitoris. Celles qui avaient un orgasme uniquement clitoridien présentaient un clitoris trop éloigné de l’entrée du vagin pour être stimulé par le pénis. Elle en déduisit qu’il y avait une relation entre l’éloignement du clitoris et l’anorgasmie vaginale.
Il est possible d'augmenter la sensibilité du complexe cité ci-dessus, ainsi que le plaisir pris durant le coït, en sensibilisant cette zone progressivement. Des travaux pratiques s'imposent, seule (à l'aide du doigt ou d'un stimulateur de point G, plus efficace) ou à deux (doigt du partenaire réalisant un contact appuyé et prolongé sur le "point G" ou positions sexuelles permettant un appui du pénis sur le complexe, comme dans l'amazone lorsque la femme se penche en arrière.
Il est possible d'augmenter la sensibilité du complexe cité ci-dessus, ainsi que le plaisir pris durant le coït, en sensibilisant cette zone progressivement. Des travaux pratiques s'imposent, seule (à l'aide du doigt ou d'un stimulateur de point G, plus efficace) ou à deux (doigt du partenaire réalisant un contact appuyé et prolongé sur le "point G" ou positions sexuelles permettant un appui du pénis sur le complexe, comme dans l'amazone lorsque la femme se penche en arrière.
Il est incontestable que nous sentons bien une zone aux sensations différentes à l'entrée du vagin, anatomiquement elle correspond à la zone de contact de la prostate féminine (M. Zaviacic 2001)
Attention, il ne s'agit pas d'une course à l'orgasme systématique ! Il s'agit simplement de conseils pratiques et informatifs pour augmenter les connaissances en matière de sexualité et potentiellement améliorer votre vie sexuelle. Mais l'orgasme n'est pas un but en soi et ne doit pas le devenir. C'est le plaisir de faire l'amour avec soi-même et ou son, ou sa, partenaire qui compte...
La parole maintenant à Odile Fillod :
" Le problème essentiel il me semble, c'est de s'entendre sur les termes. Par exemple, ce que vous appelez le gland du clitoris et dont vous dites qu'il se gorge de sang lors de l'excitation sexuelle ne semble pas correspondre à ce qui est appelé gland dans la littérature scientifique, et qui est justement la seule partie du clitoris qui n'est pas érectile. Cf l'image ci-jointe.
Autre exemple : la notion d'érection du clitoris. En principe, cela désigne l'engorgement des corps caverneux (cc) du clitoris se traduisant par une augmentation du volume et un durcissement (les veines se retrouvant coincées contre la tunique albuginée : c'est comme pour le pénis). En ce sens, le corps du clitoris est érectile mais ses piliers le sont aussi aussi (seul son gland ne l'est pas). Mais vous semblez désigner par "érection" le fait que le clitoris se redresse. Dans ce cas, ça ne peut concerner (le cas échéant) que la partie du clitoris qui se trouve entre son genou et le gland - le reste étant attaché aux os ischion-pubien et ne pouvant pas bouger).
La mention par C. Tourmente de l'engorgement des bulbes lors de l'excitation sexuelle est également correcte. Ci-joint une image issue d'un autre article scientifique assez récent, dans laquelle on voit à gauche un morceau de bulbe (fonctionnant comme les corps caverneux du clitoris sauf qu'il n'y a pas de tunique albuginée autour), et à droite un morceau du muscle bulbo-spongieux qui le recouvre.

Sinon, au sujet de l'innervation du vagin il existe quand même des travaux. Ainsi, Hilliges et al (1995) l'a étudiée au moyen d'un marqueur de présence de cellules nerveuses (le PGP 9.5) sur des échantillons de biopsies du paroi du vagin de 6 femmes. D'après ce marqueur, il y avait : 1) des terminaisons nerveuses libres dans l'épithélium (qui sont en général des nocicepteurs) uniquement au niveau de l'orifice du vagin (ce qui corrobore l'idée commune selon laquelle l'intérieur du vagin est grosso modo insensible) 2) une innervation plus dense de la paroi antérieure du vagin que de la postérieure, et dense surtout dans des zones riches en vaisseaux sanguins (et comme les auteurs le soulignent : "Naturelle, most of the vascular innervation may be of autonomic origin, thus related to blood pressure control and/or vascular permeability.") 3) aucun corpuscule de Pacini, ces récepteurs dont on pense qu'ils jouent un rôle clé dans le plaisir sexuel et qu'on trouve a contrario en abondance dans le clitoris (et pas seulement dans son gland ;))
Et toujours sur l'innervation du vagin, il y a aussi Pauls et al (2006). Ces auteurs ont utilisé un autre marqueur (le S100), sur des biopises de vagins de 21 femmes. Ils n'ont quant à eux trouvé aucune différence significative de la densité d'innervation (ni entre parois postérieure et antérieure, ni selon que la partie proximale ou distale était considérée), notant seulement une tendance du fond du vagin à être un peu moins innervé que ses parois postérieure et antérieure). Par ailleurs, ils n'ont pas trouvé de corrélation entre les nombres de nerfs et les réponses des patientes à un questionnaire sur leur fonctionnement sexuel (excitation, orgasmes, etc). On ne peut tirer de conclusions définitives ni de cette étude, ni de celle de 1995, mais elles donnent néanmoins quelques indications. Je chercherai s'il y en a de plus récentes."
à suivre ...
Attention, il ne s'agit pas d'une course à l'orgasme systématique ! Il s'agit simplement de conseils pratiques et informatifs pour augmenter les connaissances en matière de sexualité et potentiellement améliorer votre vie sexuelle. Mais l'orgasme n'est pas un but en soi et ne doit pas le devenir. C'est le plaisir de faire l'amour avec soi-même et ou son, ou sa, partenaire qui compte...
La parole maintenant à Odile Fillod :
" Le problème essentiel il me semble, c'est de s'entendre sur les termes. Par exemple, ce que vous appelez le gland du clitoris et dont vous dites qu'il se gorge de sang lors de l'excitation sexuelle ne semble pas correspondre à ce qui est appelé gland dans la littérature scientifique, et qui est justement la seule partie du clitoris qui n'est pas érectile. Cf l'image ci-jointe.

Autre exemple : la notion d'érection du clitoris. En principe, cela désigne l'engorgement des corps caverneux (cc) du clitoris se traduisant par une augmentation du volume et un durcissement (les veines se retrouvant coincées contre la tunique albuginée : c'est comme pour le pénis). En ce sens, le corps du clitoris est érectile mais ses piliers le sont aussi aussi (seul son gland ne l'est pas). Mais vous semblez désigner par "érection" le fait que le clitoris se redresse. Dans ce cas, ça ne peut concerner (le cas échéant) que la partie du clitoris qui se trouve entre son genou et le gland - le reste étant attaché aux os ischion-pubien et ne pouvant pas bouger).
La mention par C. Tourmente de l'engorgement des bulbes lors de l'excitation sexuelle est également correcte. Ci-joint une image issue d'un autre article scientifique assez récent, dans laquelle on voit à gauche un morceau de bulbe (fonctionnant comme les corps caverneux du clitoris sauf qu'il n'y a pas de tunique albuginée autour), et à droite un morceau du muscle bulbo-spongieux qui le recouvre.

Sinon, au sujet de l'innervation du vagin il existe quand même des travaux. Ainsi, Hilliges et al (1995) l'a étudiée au moyen d'un marqueur de présence de cellules nerveuses (le PGP 9.5) sur des échantillons de biopsies du paroi du vagin de 6 femmes. D'après ce marqueur, il y avait : 1) des terminaisons nerveuses libres dans l'épithélium (qui sont en général des nocicepteurs) uniquement au niveau de l'orifice du vagin (ce qui corrobore l'idée commune selon laquelle l'intérieur du vagin est grosso modo insensible) 2) une innervation plus dense de la paroi antérieure du vagin que de la postérieure, et dense surtout dans des zones riches en vaisseaux sanguins (et comme les auteurs le soulignent : "Naturelle, most of the vascular innervation may be of autonomic origin, thus related to blood pressure control and/or vascular permeability.") 3) aucun corpuscule de Pacini, ces récepteurs dont on pense qu'ils jouent un rôle clé dans le plaisir sexuel et qu'on trouve a contrario en abondance dans le clitoris (et pas seulement dans son gland ;))
Et toujours sur l'innervation du vagin, il y a aussi Pauls et al (2006). Ces auteurs ont utilisé un autre marqueur (le S100), sur des biopises de vagins de 21 femmes. Ils n'ont quant à eux trouvé aucune différence significative de la densité d'innervation (ni entre parois postérieure et antérieure, ni selon que la partie proximale ou distale était considérée), notant seulement une tendance du fond du vagin à être un peu moins innervé que ses parois postérieure et antérieure). Par ailleurs, ils n'ont pas trouvé de corrélation entre les nombres de nerfs et les réponses des patientes à un questionnaire sur leur fonctionnement sexuel (excitation, orgasmes, etc). On ne peut tirer de conclusions définitives ni de cette étude, ni de celle de 1995, mais elles donnent néanmoins quelques indications. Je chercherai s'il y en a de plus récentes."
à suivre ...
mercredi 8 janvier 2014
CLITERACY / SOPHIA WALLACE :
TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LE CLITORIS
par BLENDED le 12 septembre 2013 sur l'artiste Sophia Wallace retouché par MNL ;-)
Vous remarquerez comme l'intervieweur commence toutes ces questions par "mais" :-(
Cette Américaine fait de l’art. C’est-à-dire, un combat qui se drape d’esthétique.
Sophia Wallace se bat pour faire connaître le clitoris, ce drôle d’animal qui mènerait la femme à l’orgasme à coup sur. Et tout le monde le sait, une femme satisfaite, c’est une femme heureuse . Alors imaginez 3 milliards de femmes heureuses . Mais le clitoris est le dernier grand tabou de notre société. La preuve, cette interview contient 32 fois le mots clitoris, plus que vous ne le lirez jamais en un ou deux ans. Derrière ce mot qui fait rougir se cache des problèmes d’identité, de liberté, de pouvoir et de civilisation. Et surtout, vous aurez ici la réponse à la plus vieille question de l’humanité : existe-t-il un orgasme vaginal ?

Avant de parler de Cliteracy, un mot sur tes travaux précédents qui parlent tous des genres, de leurs différences et de la difficulté à placer une frontière entre eux. " Je pense qu’à la base il y a ce fait personnel : être née dans un corps de femme et devoir gérer toutes les projections sociales qui y sont associées. En quoi mon intelligence, mes compétences devraient dépendre de la présence ou non de testicules entre mes jambes ? Depuis que je suis une petite fille, j’ai expérimenté mon corps comme étant sexualisé. J’ai des souvenirs précis à 6 ans de me faire siffler par des passants alors que je m’amusais dans mon jardin. Et j’ai compris que mon corps pouvait être utilisé contre moi. En plus, en tant que lesbienne, je ne vois nulle part de représentation de qui je suis. Pas au ciné, ni dans la pub, ni dans l’histoire de l’art, je ne me vois nulle part. Je crée donc des images qui comblent ce manque. La masculinité chez les femmes est une chose rare et unique. Magnifique selon moi. Donc, montrer la façon dont, moi, je vois ma partenaire est important. Donner l’opportunité aux gens de voir à travers mes yeux. On a tendance à avoir des représentations trop marquées des genres, des sexualités. Il faut revenir à une identité individuelle.
Nous sommes d’abord des êtres humains."
" Les hommes ne doivent pas pleurer, ne doivent pas être sensibles, sinon on les traite de PD. Ils doivent savoir lire une carte, réparer les choses, et le pire c’est que les femmes participent à ce genre de clichés. Mais pour les femmes, il y a une trop grande méconnaissance sociale de leurs organes génitaux. Chez les médecins, ou pire, dans la bouche de
Un des faits exposés qui est le plus surprenant, c’est de voir que le clitoris n’a commencé à être scientifiquement étudié que très récemment. Dans les années 90. " Oui, c’est le docteur Helen O’Connell, urologue, qui s’est rendue compte que seuls les organes génitaux masculins étaient connus. Selon elle, ça s’explique parce que la majorité des corps qui sont étudiés par dissection, viennent des prisons. Et les prisonniers sont, en grande majorité, des hommes. Après ça, les scientifiques seraient partis du postulat simpliste que le corps de la femme était simplement un miroir inversé du corps de l’homme. C’est incroyable que l’on puisse identifier le Boson de Higgs, cartographier l’ADN, mais qu’on ne connaisse pas les bases de l’anatomie féminine, c’est choquant. Et en même temps, le vote des femmes est très récent, et n’existe pas partout. Dans de nombreux pays, les femmes ne sont même pas considérées comme des citoyennes."" Et financièrement, l’étude du clitoris ne rapporte pas. Un exemple parmi d’autre : si le clitoris était accepté et connu, l’industrie du porno s’effondrerait. Elle devrait complètement se réinventer en tout cas. Il ne serait plus question de pénis qui doivent pénétrer un trou aussi fort, aussi vite et aussi agressivement que possible. Je pense que si on ne connaît pas le clitoris, c’est qu’il y a un intérêt à l’ignorer. Quand on sait la manne financière que représente le viagra. Les gens qui veulent étudier le sujet ne trouvent pas de fond. Il y a ces docteurs français. Pierre Foldes et Odile Buisson. Ils ont réalisé des échographies du clitoris, prouvant, entre autre, que les femmes avaient aussi des érections. Et on apprend tellement aux femmes à se déconnecter de leurs corps, qu’elles ne savent même pas qu’elles ont des érections du clitoris. Le Docteur Pierre Foldes a aussi travaillé en Afrique, avec Médecins Sans Frontière, sur les jeunes filles ayant subies des mutilations. Il était le seul des médecins à se dire qu’on pouvait changer ça. Il a créé la première chirurgie pour réparer les dommages de l’excision. En fait, il expose les nerfs de la partie interne du clitoris. Et ces femmes qui n’avaient que de la douleur, ont enfin du plaisir, voir des orgasmes. On dépasse très largement le cadre de la simple sexualité. C’est une lutte contre la domination violente des hommes dans certains pays."
Mais peut-être que ce tabou scientifique n’est pas dû à une sorte de délire phallocrate plus ou moins conscient. Peut-être est-ce simplement un tabou autour du plaisir. Même les hommes connaissent mal leur plaisir. On croit encore aujourd’hui que chez l’homme, éjaculation = orgasme.
" Oui, c’est une conséquence de ce que la société nous impose de façon tacite sur nos identités sexuelles. Un homme doit être fort. Une femme doit être attirante, mais pas trop, et être un soutien émotionnel. On est tous censés jouer ces rôles. Mais en m’intéressant au clitoris, j’ai appris des choses sur le corps de l’homme aussi. Les trois événements : érection, éjaculation, orgasme, n’ont pas d’ordre particulier et ne se produisent pas toujours. Il y a une corrélation mais pas de causalité."
Mais si les scientifiques n’ont étudié le clitoris que récemment, les femmes, elles, savent que leur plaisir vient de cet organe depuis toujours. Pourquoi est-ce que certaines peuvent rester toute une vie avec un homme qui ne connaît pas le clitoris et ne pas lui dire ?
" Quand on est une petite fille, on découvre son corps et on sait quelles parties sont sensibles. Et puis, on va à l’école, et là, tout le monde parle de vagin. On étudie la reproduction et on ne parle jamais du clitoris. Partout dans la société, de toute façon, on ne parle du corps de la femme qu’en terme de reproduction. La vagin est l’organe de la reproduction, pas du plaisir.
La plupart des femmes que je connais pensent être les seules à avoir plus de sensibilité dans leur clitoris que dans leur vagin. Et je dois leur dire qu’elles font partie des 80 % de femmes qui sont comme elles. J’ai lu un numéro de Men’s Health l’autre jour, ils avaient un guide des 100 positions pour relancer sa vie sexuelle. Hormis le cunnilingus, aucune n’impliquait le clitoris."
Aujourd’hui, les hommes ont une énorme pression avec une culture porno trop et mal répandue. Tout n’est que performance pour eux. Avoir un gros pénis, durer longtemps, faire jouir sa partenaire. Quand on apprend que par stimulation du clitoris, une femme atteint l’orgasme en 4mn en moyenne, c’est un soulagement. En fait, tu te bats pour les deux sexes.
" Oui, c’est une belle façon de le voir. Je n’y avais pas pensé. Mais c’est vrai que beaucoup d’hommes pensent que certaines femmes ont du mal à venir. Alors qu’avec un vibro, il lui faudra trois minutes. Mais c’est honteux, socialement, d’avoir à toucher le clitoris. Tout simplement parce que le clitoris n’est pas impliqué dans la reproduction. La société doit être claire. Soit on ne fait l’amour que pour se reproduire, mais vous voudrez certainement faire l’amour plus de 2,3 ou 4 fois dans votre vie. Soit, le sexe est une histoire de plaisir, et alors chacun doit avoir accès au plaisir."
C’est vrai. Tout le monde considère l’être humain comme plus qu’un animal. Donc, une sexualité liée au plaisir est un signe de civilisation. Le clitoris pourrait devenir le plus grand symbole civilisationnel moderne.
" Je suis d’accord. C’est une question de liberté. Soyons honnête : le bon sexe appelle le sexe. On est satisfaite, mais on ne va pas s’éteindre, au contraire, on en voudra plus. Est-ce que les femmes détestent le sexe ? Non. Mais elles détestent le mauvais sexe. Il faut apprendre aux jeunes filles que le sexe ne doit jamais être une douleur ou même un mauvais moment. Si le sexe est désagréable, il faut juste changer de partenaire. Idem pour les petits garçons. On leur apprend surtout à ne pas mettre une femme enceinte. On devrait parler de respect, de plaisir, de respect du plaisir de l’autre. Expliquer aux enfants comment leurs corps fonctionnent, tout simplement."
Tu parles beaucoup de tabous, mais tu ne mentionnes jamais la religion.
" J’ai grandit avec une mère orthodoxe, d’origine grecque, et tu n’images pas combien de fois j’ai entendu le mot « vierge ». Vierge par-ci, vierge par-là. La Vierge Marie est la femme absolue. Et donc, puisqu’on ne peut pas devenir mère sans perdre sa virginité, on a échoué. D’emblée. La virginité est une grande injustice. Les hommes peuvent faire ce qu’ils veulent, ils restent intacts. Nous, on a droit à un seul coup. Comme une bouteille qu’on ouvre. Une fois que c’est ouvert, c’est ouvert."
Mais peut-être que si l’homme ignore le plaisir féminin, voir au pire, le mutile, ce n’est pas dans un projet phallocrate, conspirationniste. Peut-être est-ce simplement une peur instinctive. Celle des règles, de ce corps qui saigne. Celle de l’orgasme, tellement puissant.
" Bien sur. Même si je pense que la guerre fait bien plus peur qu’un orgasme. Mais le plaisir féminin est comme un océan. C’est une force créatrice incroyable. C’est une force qui donne littéralement la vie. C’est donc une réaction très primale face à cette puissance. D’après mes études, il y a 200 millions de femmes qui vivent actuellement sans clitoris. Une façon de s’assurer de la fidélité de sa femme, qu’elle soit pure et vierge le jour du mariage.

Selon toi, est-ce les choses vont dans le bon sens ? Est-ce que globalement, la situation s’améliore pour les femmes, en occident au moins ?
" Oui et non. Avec ce travail, je rencontre plein de gens qui connaissent les subtilités du plaisir féminin et beaucoup d’autres qui le découvrent et veulent l’appliquer immédiatement. Mais à chaque fois que je prends la parole quelque part, il y a toujours ces hommes qui ricanent à chaque fois qu’ils entendent le mot clitoris. Pour eux, le clitoris n’est qu’une blague. Ils ne veulent même pas écouter, ils sont surs de tout savoir. Alors que par définition, on ne sait pas ce qu’on ne sait pas. Et puis, il y a des groupes, aux États-Unis, comme les Promise Keepers, un groupuscule catholique, qui lutte pour que les hommes retrouvent leur place, qu’ils redeviennent de vrais hommes. Pas de sexe avant le mariage pour les femmes, bien sur.
Parles nous de ce rodéo de clitoris.
" C’était génial. Les seules règles étaient : vous devez respecter le clitoris et vous devez vous amuser. Et on notait les riders sur trois critères. La dextérité, le style et la générosité. C’était incroyable. Il y avait énormément de monde et personne ne savait à quoi s’attendre. Même pas nous. On a eu un homme qui nettoyait le clitoris avec son t-shirt pour sa femme enceinte de 8 mois. Certains surfaient le clitoris, d’autres faisaient du yoga. Lisaient. Fumaient une cigarette. À un moment, le clitoris s’est cassé. Ça m’a brisé le cœur. On a dit à tout le monde de partir, mais personne n’est parti. Et puis, une femme a demandé si elle pouvait quand même le chevaucher. Et en fait, ce qu’elle a fait était encore mieux que quand le clitoris était accroché au ressort. C’était très symbolique. Le clitoris n’est pas fait pour être attaché."
Nous devons éclaircir un point une fois pour toute : est-ce que l’orgasme vaginal est un mythe ou est-ce qu’il existe ?
Je suis très heureuse que tu poses la question. Fondamentalement, oui. Et non. En fait, les femmes peuvent avoir un orgasme par pénétration, mais c’est le clitoris interne qui y mène. Il faut d’abord stimuler le clitoris externe pour que le clitoris interne s’excite et devienne plus sensible. Après, bien sur, il y a des différences individuelles, donc, parlez avec votre partenaire.
jeudi 20 juin 2013
Quel CON !
CON ...
La planète des cons
Le dîner de con
Le roi des cons
Requiem pour un con
Le mur des cons
Casse toi pauvre con
Mort aux cons
« Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît »
Bref ! nous sommes cernés par les cons,
et bien justement ...
3 lettres minuscules : une insulte ?
Oui ! que nous utilisons tant ... et pourtant !
Ce mot parle de notre sexe , notre vagin ;
du latin "cunnus" qui veut dire gaine, fourreau d'où le mot cunnulingus.
On disait d’ailleurs avant :
"enconner" pour parler de pénétration vaginale et "déconner" pour dire se retirer (utile moyen de contraception de l'époque).
Et ce CON est devenu une insulte sexiste au 19 ème siècle , il devient une construction adjectival décrivant une femmes de mauvaises moeurs. "Elle est con".
Son emploi devient injurieux et misogyne , exploitant l'impuissance et la passivité du sexe féminin de l'imaginaire collectif. Bin voyons !
Une "connasse" était une prostitué sans expérience.
Jules Michelet (historien français 1798-1874) déplore la bassesse de ce vocabulaire en écrivant : " C'est une impiété inepte d'avoir fait du mot con un terme bas, une injure. Le mépris de la faiblesse ? Mais nous sommes si heureux qu'elles soient faibles. C'est non seulement le propagateur de la nature, mais le conciliateur, le vrai fond de la vie sociale pour l'homme "
Heureusement qu’ il y a des poètes qui ont su utiliser ce mot noblement avec par exemple Louis Aragon qui signe en 1928 "Le con d’Irene" publié clandestinement sous le pseudonyme d'Albert de Routinie pour éviter la censure , un roman érotique , une ode passionnée à notre sexe Mesdames : "Ce lieu de délice et d'ombre, ce patio d'ardeur, dans ses limites nacrées ...
Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux ...
Si petit et si grand ! C'est ici que tu es à ton aise, homme en fin digne de ton nom."
et Georges Brassens qui écrit et chante "Le Blason" :
"C'est injuste, Madame, et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens"
Alors Mesdames et surtout vous Messieurs si vous aimez les Femmes , pour vos prochaines insultes et nom d'oiseau ...
Pensez y maintenant ... ;-)
Ayant avec que lui toujours fait bon ménage
J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant
Tendre corps féminin ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.
Ceût été mon ultime chant mon chant du cygne
Mon dernier billet doux mon message d'adieu
Or malheureusement les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable à l'odieux.
C'est la grande pitié de la langue française
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cette incomparable instrument de bonheur.
Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques
Tendre corps féminin' c'est fort malencontreux
Que la fleur la plus douce la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.
Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus familier coutumier
Il est inexplicable il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier
Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota de même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.
Misogyne à coup sûr asexué sans doute
Au charmes de Vénus absolument rétif
Etait ce bougre qui toute honte bue toute
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.
La malpeste soit de cette homonymie
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.
Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne en effaçant d'un coup des siècles d'avanie
A cette vraie merveille un joli nom chrétien
En attendant madame il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autre moyen et que je les connais
Et que je les connais.
J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant
Tendre corps féminin ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.
Ceût été mon ultime chant mon chant du cygne
Mon dernier billet doux mon message d'adieu
Or malheureusement les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable à l'odieux.
C'est la grande pitié de la langue française
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cette incomparable instrument de bonheur.
Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques
Tendre corps féminin' c'est fort malencontreux
Que la fleur la plus douce la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.
Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus familier coutumier
Il est inexplicable il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier
Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota de même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.
Misogyne à coup sûr asexué sans doute
Au charmes de Vénus absolument rétif
Etait ce bougre qui toute honte bue toute
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.
La malpeste soit de cette homonymie
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.
Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne en effaçant d'un coup des siècles d'avanie
A cette vraie merveille un joli nom chrétien
En attendant madame il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autre moyen et que je les connais
Et que je les connais.
Paroles et Musique: Georges Brassens 1972 © Editions musicales 57
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