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vendredi 14 octobre 2016

RECTIFIONS ! avec les commentaires d'ODILE FILLOD

En découvrant cet article, tout d'abord : joie ! youpi ! on parle de mon meilleur ami puis vint la lecture et quelle déception de lire autant d'erreurs qui n'ont plus lieu d'être.
Je me permets donc de corriger en rouge selon les connaissances scientifiques disponibles à cette heure. 

J'ajoute le 16 octobre ci dessous les commentaires de Odile Fillod  chercheuse indépendante en sociologie des sciences et spécialiste des questions de sexe/genre. Merci sincèrement pour ces précisions :-)




Comment marche le clitoris, l'organe du plaisir

par Charlotte Tourmente, Médecin, psycho-sexologue et journaliste pour Allodocteurs.fr pour le HuffingtonPost le 12/10/16

Souvent boudé par les hommes, le clitoris a longtemps été ignoré par les chercheurs et les médecins. Depuis une quinzaine d'années, les connaissances progressent sur l'organe du plaisir et plus largement, sur la jouissance féminine. Coup de projecteur sur le clitoris...


Rappelons que le clitoris est connu depuis l’antiquité grecque. Les anatomistes européens l’ont redécouvert au milieu du XVIème siècle en proposant alors de nouvelles descriptions sur la base de leur dissection de cadavres. Charles Estienne à Paris, dans un traité d’anatomie publié en 1545 en latin et 1546 en français, puis Realdo Colombo et Gabriele Fallopio à Padoue, dans leurs traités respectifs de 1559 et 1561. Les premières représentations montrant le gland et les longs piliers datent de 1600 (Casseri 1600), et les bulbes vestibulaires sont dans tous les traités d’anatomie de la seconde moitié du 19ème siècle (Kobelt, 1950).
Puis au 20ème siècle, une grande vague d’obscurantisme sexuel fait disparaitre le clitoris des traités d’anatomie. En 1998, l’urologue australienne Helen O'Connell ose briser l’omerta clitoridienne et remet au grand jour les découvertes précédentes. 

Toutes les femmes ont un clitoris, parfois de taille réduite à quelques millimètres ou plus long, mesurant un centimètre ou plus. Il se compose du gland (l'équivalent du gland du pénis), partiellement recouvert par le prépuce , le capuchon. Mais le "petit bouton" que l'on voit n'est que la partie émergée de l'iceberg et cette découverte date de moins de 10 ans ! 
COMPLETEMENT FAUX ! (l'excision totale du clitoris était pratiquée en Europe , on connaissait donc très bien son anatomie complète) 
Il se prolonge par le corps du clitoris, qui se divise en 2 corps caverneux, nommés les piliers du clitoris. Ceux-ci mesurent 10 cm environ , entre 8 et 12 cm selon les femmes et s'attachent aux ischions  et se gorgent de sang lors de l'excitation sexuelle, exactement comme les corps caverneux du pénis. Autre partie : le bulbe, qui est composé d'un corps spongieux et s'accroche à la partie antérieure du vagin.
Lors de l’excitation sexuelle, l’érection du clitoris concerne essentiellement le corps du clitoris, juste derrière le gland, qui se redresse et le rend plus proéminent, donc plus visible et plus facile à repérer au toucher. Le gland se gorge aussi de sang, il devient plus ferme sans vraiment augmenter de taille. Simultanément, dans les structures profondes, les bulbes vestibulaires gonflent. L’érection du corps du clitoris est très variable : des femmes en ont de faibles, peu repérables, alors que d’autres en ont de très prononcées, avec un gland qui se manifeste en s’érigeant dans la vulve. De plus, chez une même femme, l’érection du clitoris peut varier, en fonction de son excitation mais aussi de nombreux critères comme la fatigue.


Le clitoris, le "nouveau point G" ?
La place primordiale du clitoris dans la jouissance féminine n'est plus à démontrer. Mais l'approfondissement des connaissances anatomiques a permis de mieux comprendre son rôle dans le soi-disant point G (qui n'a aucune réalité anatomique) , cette zone du vagin plus sensible aux stimulations. Il ne s'agit pas d'une zone anatomique délimitée sur le vagin,(l'anatomie du vagin et son innervation n'ont jamais été étudiée) mais d'un complexe formé par la paroi antérieure du vagin, l'urètre et le clitoris interne. Donc quand la pénétration fait jouir, c'est bien souvent par stimulation interne du clitoris. En réalité, tous les sexologues s'accordent sur un point : peu importe le mode de stimulation (qu'il s'agisse du clitoris ou du vagin), c'est le plaisir qui compte....

NON !!! Il est très important en consultation de pouvoir nommer ces plaisirs si différents. Nous parlons de jouissance pour exprimer le long plaisir vaginal ou anal comme des vagues chaudes et profondes irradiant l'ensemble du corps et d'orgasme pour décrire cette sensation si électrique montant jusqu'à l'explosion de la tension sexuelle , faisant doubler le rythme de la fréquence cardiaque et provoquant des spasmes réflexes du périnée , chez beaucoup de femmes une phase réfractaire, une tension forte dans les jambes qui se tendent et ou se serrent. 

L’anatomie du clitoris montre une grande innervation du gland, mais les bulbes vestibulaires et les piliers du clitoris ne sont quasiment pas innervés, donc probablement insensibles. Pourtant, ce concept erroné est repris trop souvent, y compris par des féministes. Je pense qu’il s’agit d’une position idéologique qui tente de survaloriser l’orgasme vaginal, donc de sous-estimer l’orgasme clitoridien. Les bulbes vestibulaires sont des structures très érectiles. Lors de l’excitation, ils se gonflent de sang et sont visibles chez certaines femmes, latéralement, dans la vulve juste à l’entrée du vagin. Ce gonflement n’est jamais mentionné comme zone érogène ! Parfois même, ce gonflement est douloureux.

Un organe aimé des femmes mais négligé par les hommes

Les femmes qui se masturbent le savent bien, elles se font jouir à tous les coups ou presque. En revanche, l'orgasme durant le rapport n'est pas systématique, ce qui en frustrent certaines.

Alors qu'il est le moyen le plus simple pour jouir pour la majorité des femmes, le clitoris est souvent négligé par les hommes durant la pénétration. Par peur de ne pas savoir s'y prendre, ou parce qu'ils préfèrent donner du plaisir avec leur pénis, ils se focalisent sur la pénétration. Or stimuler le clitoris avec le doigt (attention, avec douceur et du lubrifiant ... nous sécrétons un lubrifiant naturel grâce aux glandes de Bartholin : la cyprine ou bien il suffit d'un peu de salive sur le bout du doigt ) ou avec la langue est une façon aisée de donner du plaisir à sa partenaire et de la mettre dans d'excellentes dispositions...(pour la pénétration ?...) 

Si les femmes veulent augmenter le plaisir qu'elles prennent durant la pénétration, à elles de choisir les positions qui leur font le plus d'effet, ou celles qui leur permet de se caresser en même temps. C'est le cas de l'amazone (la femme sur l'homme), ou la cuillère (l'homme derrière la femme, les deux étant allongés sur le côté), ou encore la femme allongée sur l'homme (en frottant son sexe comme bon lui semble).

La première étude sur la distance entre le clitoris et le vagin remonte à 1924 : Marie Bonaparte a étudié, sur un échantillon de plus de 200 femmes, la distance entre le gland clitoridien et le méat urinaire. Elle a trouvé une grande variabilité de résultats, de 1,5 à 3,5cm ! Puis elle a comparé, sur un échantillon plus restreint de 43 femmes, la satisfaction sexuelle et la position du clitoris. Celles qui avaient un orgasme uniquement clitoridien présentaient un clitoris trop éloigné de l’entrée du vagin pour être stimulé par le pénis. Elle en déduisit qu’il y avait une relation entre l’éloignement du clitoris et l’anorgasmie vaginale.

Il est possible d'augmenter la sensibilité du complexe cité ci-dessus, ainsi que le plaisir pris durant le coït, en sensibilisant cette zone progressivement. Des travaux pratiques s'imposent, seule (à l'aide du doigt ou d'un stimulateur de point G, plus efficace) ou à deux (doigt du partenaire réalisant un contact appuyé et prolongé sur le "point G" ou positions sexuelles permettant un appui du pénis sur le complexe, comme dans l'amazone lorsque la femme se penche en arrière. 

Il est incontestable que nous sentons bien une zone aux sensations différentes à l'entrée du vagin, anatomiquement elle correspond à la zone de contact de la prostate féminine (M. Zaviacic 2001)

Attention, il ne s'agit pas d'une course à l'orgasme systématique ! Il s'agit simplement de conseils pratiques et informatifs pour augmenter les connaissances en matière de sexualité et potentiellement améliorer votre vie sexuelle. Mais l'orgasme n'est pas un but en soi et ne doit pas le devenir. C'est le plaisir de faire l'amour avec soi-même et ou son, ou sa, partenaire qui compte...


La parole maintenant à Odile Fillod :

 " Le problème essentiel il me semble, c'est de s'entendre sur les termes. Par exemple, ce que vous appelez le gland du clitoris et dont vous dites qu'il se gorge de sang lors de l'excitation sexuelle ne semble pas correspondre à ce qui est appelé gland dans la littérature scientifique, et qui est justement la seule partie du clitoris qui n'est pas érectile. Cf l'image ci-jointe.
Autre exemple : la notion d'érection du clitoris. En principe, cela désigne l'engorgement des corps caverneux (cc) du clitoris se traduisant par une augmentation du volume et un durcissement (les veines se retrouvant coincées contre la tunique albuginée : c'est comme pour le pénis). En ce sens, le corps du clitoris est érectile mais ses piliers le sont aussi aussi (seul son gland ne l'est pas). Mais vous semblez désigner par "érection" le fait que le clitoris se redresse. Dans ce cas, ça ne peut concerner (le cas échéant) que la partie du clitoris qui se trouve entre son genou et le gland - le reste étant attaché aux os ischion-pubien et ne pouvant pas bouger).

La mention par C. Tourmente de l'engorgement des bulbes lors de l'excitation sexuelle est également correcte. Ci-joint une image issue d'un autre article scientifique assez récent, dans laquelle on voit à gauche un morceau de bulbe (fonctionnant comme les corps caverneux du clitoris sauf qu'il n'y a pas de tunique albuginée autour), et à droite un morceau du muscle bulbo-spongieux qui le recouvre.



Sinon, au sujet de l'innervation du vagin il existe quand même des travaux. Ainsi, Hilliges et al (1995) l'a étudiée au moyen d'un marqueur de présence de cellules nerveuses (le PGP 9.5) sur des échantillons de biopsies du paroi du vagin de 6 femmes. D'après ce marqueur, il y avait : 1) des terminaisons nerveuses libres dans l'épithélium (qui sont en général des nocicepteurs) uniquement au niveau de l'orifice du vagin (ce qui corrobore l'idée commune selon laquelle l'intérieur du vagin est grosso modo insensible) 2) une innervation plus dense de la paroi antérieure du vagin que de la postérieure, et dense surtout dans des zones riches en vaisseaux sanguins (et comme les auteurs le soulignent : "Naturelle, most of the vascular innervation may be of autonomic origin, thus related to blood pressure control and/or vascular permeability.") 3) aucun corpuscule de Pacini, ces récepteurs dont on pense qu'ils jouent un rôle clé dans le plaisir sexuel et qu'on trouve a contrario en abondance dans le clitoris (et pas seulement dans son gland ;))

Et toujours sur l'innervation du vagin, il y a aussi Pauls et al (2006). Ces auteurs ont utilisé un autre marqueur (le S100), sur des biopises de vagins de 21 femmes. Ils n'ont quant à eux trouvé aucune différence significative de la densité d'innervation (ni entre parois postérieure et antérieure, ni selon que la partie proximale ou distale était considérée), notant seulement une tendance du fond du vagin à être un peu moins innervé que ses parois postérieure et antérieure). Par ailleurs, ils n'ont pas trouvé de corrélation entre les nombres de nerfs et les réponses des patientes à un questionnaire sur leur fonctionnement sexuel (excitation, orgasmes, etc). On ne peut tirer de conclusions définitives ni de cette étude, ni de celle de 1995, mais elles donnent néanmoins quelques indications. Je chercherai s'il y en a de plus récentes."

à suivre ... 

lundi 21 avril 2014

POINT DU MARI !?

Le "Point du mari" désigne le fait de recoudre plus que nécessaire le vagin après une épisiotomie, lors d'un accouchement, pour l'agrément sexuel du conjoint. Seulement, l'avis de la femme compte peu et ça peut devenir très douloureux. Cette pratique consiste en la pose d’un point supplémentaire pour resserrer le vagin d’une femme après une épisiotomie, dans le but d’augmenter le plaisir sexuel de son/ses futur(s) partenaire(s).

OBSTETRIQUE - Céline V., sage-femme en région parisienne depuis huit ans, réagit à la publication de notre article sur le «point du mari»… En tant que sage-femme hospitalière, Céline V. n’a pas compris le déni de certains gynécologues obstétricien interrogés par 20 Minutes dans un article sur le «point du mari». Cette pratique consiste en la pose d’un point supplémentaire pour resserrer le vagin d’une femme après une épisiotomie, dans le but d’augmenter le plaisir sexuel de son/ses futur(s) partenaire(s). La semaine dernière, Agnès Ledig, sage-femme et écrivain, avait publié un texte dénonçant cet acte médical méconnu et sur lequel planent encore quelques zones d’ombre. Céline V., administratrice de l’un des principaux forums de discussion de la profession, la rejoint sur plusieurs points. Elle s’en explique.

Cette pratique est-elle connue des sages-femmes? 
«Ce n’est pas courant et quotidien. Quand l’une des sages-femmes de notre forum en a parlé récemment, il y avait des femmes qui, comme moi, en avaient entendu parler. Et d’autres qui sont tombées des nues. Les témoignages ont commencé à arriver. La parole s’est libérée. Une collègue m’a expliqué qu’elle avait prévenu le conseil de l’Ordre car un médecin de son établissement fait cela systématiquement aux patientes. Mais elle est perdue parce qu’elle a l’impression que tout le monde s’en fiche. Les femmes ne racontent pas n’importe quoi. On ne peut pas remettre leur parole en question.»
Les médecins peuvent-ils ne pas savoir? 
«Je comprends que des médecins ne puissent pas être au courant. Dans l’un des endroits où je travaille, les médecins ont beaucoup de respect pour les patients. Ils ne connaissaient pas ou alors ils en avaient entendu parler comme une légende urbaine. Comme d’un truc qui se faisait dans les années 50. Par contre, quand je leur ai expliqué, ils m’ont crue. Ils ont été outrés. Cela dépend beaucoup des lieux où les gens travaillent. Moi en huit ans, je n’ai jamais entendu un médecin proposer cela à une patiente.»
Le consentement des patientes est-il vérifié? 
«J’ai travaillé dans une dizaine de structures en huit ans. La notion de consentement sur l’épisiotomie est quasiment nulle. C’est une interrogation qu’on doit avoir en tant que professionnels. On a toujours deux minutes pour expliquer quelles seront les conséquences de ce geste médical (l’épisiotomie). Maintenant, les femmes peuvent choisir. Même si c’est en plein accouchement. Si elles refusent, elles en assumeront peut-être les conséquences. Pour autant, je n’ai jamais entendu un gynécologue ou une sage-femme demander: "Est-ce que vous êtes d’accord?"»
Envisagent-elles une action? 
«Alerter le public, c’est déjà bien. Il faut faire attention de ne pas faire peur. L’hôpital, ce n’est pas l’enfer. C’est important que les couples, les maris soient au courant. Si on leur propose, il faut qu’ils sachent que ça peut avoir des conséquences délétères pour la femme et donc pour leur couple. Il va falloir qu’on en reparle avec les gynécologues pour qu’ils ne démentent pas ce que nous dénonçons. On doit jouer ensemble. On va voir avec des collèges de gynécologues et de sages-femmes. Et pourquoi pas le Conseil de l’Ordre des sages-femmes et des médecins. On doit recueillir un maximum de témoignages pour produire un document à visée scientifique. Les internes en gynéco et les étudiants sages-femme doivent apprendre ça au cours de leur formation.»
Qu’en est-il de la relation sages-femmes-médecins? 
«Avec le mouvement de grève des sages-femmes, énormément de tensions ont été exacerbées. Des articles ont été extrêmement injurieux. Il y a eu des dépôts de plainte. Le corporatisme est très prégnant. On en a un peu gros sur la patate. Dès qu’on dit quelque chose, c’est perçu comme étant contre les médecins. Les gynécologues ne sont pas les seuls spécialistes du périnée de la femme. Nous suturons aussi des périnées. Ce qui choque les gynécologues, c’est quand même la pratique en soi. Ce n’est pas le fait qu’on la dénonce. Mais sur ce type de pratiques comme sur d’autres, il y a un corporatisme qui fait que les médecins ont du mal à entendre un message qui ne vient pas d’eux-mêmes.»


"Point du mari" : quand un syndicat de gynécologues fait preuve d'une misogynie effrontée


Nous avons pu lire avec effroi les propos de Jean Marty dans un article publié hier dans le monde.fr à propos du "point du mari". Interrogé en sa qualité de président du Syndicat des gynécologues-obstétriciens de France, Jean Marty, a tenu dans ce journal des propos emblématiques de la plus pure misogynie et d’un refus minutieux d'entrer en empathie avec les femmes. Ses propos nous alarment sur ce syndicat : si cet homme prétend défendre les intérêts de sa profession, on tremble en pensant combien ils pourraient être opposés à ceux des patientes.

Point du mari : une mutilation

Mal nommée, le "point du mari" est une mutilation sexuelle visant à rétrécir les sexes des femmes au moment de la suture de l'épisiotomie (section du périnée au moment de l'accouchement censée prévenir des risques de déchirures plus graves).

Le "point du mari" viserait à donner plus de plaisir aux hommes lors de la pénétration, rendant le coït douloureux pour les femmes. Cette pratique, taboue, a été récemment révélée par la multiplication detémoignages sur Internet.

Les femmes seraient des menteuses et les médecins des artistes

Décryptons les propos du docteur Marty. Niant tout d’abord que les pratiques dites du "point du mari" puissent exister, il rejette les témoignages qui pourtant fleurissent sur la toile et rétorque "c'est dans la tête des femmes". Pour lui, la parole des femmes ne compte donc pas, il ne peut y avoir que fantasmes, inventions et délires dans la tête d’une femme.

Ce commentaire fait froid dans le dos quand on sait que son métier impose bien évidemment d’écouter et de prendre en compte la parole des femmes qui entrent dans son cabinet.

Il ne s'agirait donc que de dérives de l'imagination féminine ? Lui-même se contredit juste après:

"La chirurgie est du domaine de l'art, on peut penser que certains médecins ont eu l'idée qu'en modifiant un peu leur façon de suturer, ils amélioreraient un peu la sexualité, et ça, ça ne nous choque pas."

Il reconnaît ainsi l’existence de ces pratiques qui ne choqueraient pas le Syndicat des gynécologues-obstétriciens, si tant est qu’elles soient décidées unilatéralement par des médecins, divins artistes touchés par la grâce de leur art, créateurs tout puissant d’une bonne sexualité des femmes. Il les défend donc, et fait passer pour un geste artistique ce qui est en fait une mutilation sexuelle.

Une mutilation d’autant plus grave qu’elle est commise par des médecins, abusant de leur fonction et de leur autorité, sans en informer les patientes.

Un mur de rejet, d'intolérance, d'imcompréhension

Et notre bon vieux gynéco ne s’arrête pas là dans le woman bashing. Il proclame ainsi, du haut de son autorité doctorale :

"Vous avez aussi des femmes qui sont bien dans la victimologie, qui se retrouvent dans une forme de souffrance parce qu'elles arrivent à susciter l'intérêt."

Ce commentaire est gravissime, et à deux niveaux. Tout d’abord parce que nous vivons dans une société où les violences patriarcales sont massives et massivement impunies, où 75.000 viols sont commis par des hommes tous les ans, et où 10% des femmes agressées osent porter plainte.

Lorsqu’elles s'y résolvent, se heurtent à ces même murs de rejet, d’intolérance, d’incompréhension. Mais les propos de Jean Marty apparaissent d'autant plus graves qu'ils sont tenus par un médecin, président d’un syndicat fier d'annoncer sur sa page Internet "la voix toujours raisonnable du SYNGOF est écoutée".

Ceux-là même qui devraient avoir à cœur de défendre l’intégrité physique des femmes. Ceux-là même qui devraient comprendre et reconnaître les conséquences dévastatrices des violences sexuelles.

Un mépris pour les femmes, leur sexe, leurs sexualités

Et puisque chacune de ses phrases est décidément une perle, l’article clôt son interview sur un magistral "Une sexualité épanouie, ce 'n'est pas un cadeau que la nature donne à tout le monde'".

Un médecin devrait pourtant savoir que la nature n’a rien à voir avec une sexualité épanouie ou non. La nature dote chaque femme d’un organe fabuleux, entièrement dédié au plaisir : le clitoris. Mais ensuite les sexualités des femmes sont souvent dévastées par les violences des hommes : viols, prostitution, mutilations sexuelles… et par une société androcentrée qui ne pense que par et pour le plaisir des hommes. Difficile parfois de se réapproprier du plaisir.

Au-delà des pratiques mutilatrices lors de la suture, l'épisiotomie en elle-même est encore pratiquée parfois de façon abusive c'est-à-dire sans être thérapeutiquement nécessaire aux patientes.

Près d'une femme sur deux (en 2002, 68% de celles qui mettaient au monde leur premier enfant) y serait encore soumise, alors que l'OMS préconiserait 10%, et que le taux d'épisiotomie serait de 6% en Suède...

Il arrive également fréquemment que des médecins - internes, gynécologues - ou des sage-femmes, en découpant et ou en recousant, abîment les sexes des femmes alors que cela peut et doit être évité. Précipitation à cause du démantèlement de l'hôpital public, désinvolture, mauvaise maîtrise des techniques chirurgicales, mépris pour les sexualités des femmes.. ?

L'épisiotomie ne devrait jamais être mutilatoire ou traumatisante, causer des douleurs et gênes pour toute la vie. C'est un sujet encore tabou or les femmes ont le droit de savoir et de décider, et doivent être entendue lorsqu'elles dénoncent ce qu’elles subissent.

Une clarification du SYNGOF et une action de Marisol Touraine s'imposent

Que le président du SYNGOF participe à ce système d'inversion qui consiste à traiter les femmes qui se plaignent de menteuses, et à présenter ceux qui les blessent comme des "artistes", est inadmissible !

Représente-t-il réellement la position du syndicat et de ses membres? Une clarification s'impose. Plus généralement, pour que toute la lumière soit faite sur ces pratiques et préserver la santé des femmes, nous demandons à Marisol Touraine d'agir. Signez notre pétition !

Les publications sur le sujet de l'épisiotomie et du point du mari amènent très rapidement des commentaires et témoignages de la part de nombreuses femmes. Il nous paraît nécessaire de les écouter et de collecter leur parole. Voici un espace pour laisser votre témoignage.


Marisol Touraine: nous voulons une enquête sur le "point du mari"

Pourquoi c'est important


mercredi 8 janvier 2014

CLITERACY / SOPHIA WALLACE :


TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LE CLITORIS
par BLENDED le 12 septembre 2013 sur l'artiste Sophia Wallace retouché par MNL ;-)

Vous remarquerez comme l'intervieweur commence toutes ces questions par "mais" :-(



Cette Américaine fait de l’art. C’est-à-dire, un combat qui se drape d’esthétique.
Sophia Wallace se bat pour faire connaître le clitoris, ce drôle d’animal qui mènerait la femme à l’orgasme à coup sur. Et tout le monde le sait, une femme satisfaite, c’est une femme heureuse . Alors imaginez 3 milliards de femmes heureuses . Mais le clitoris est le dernier grand tabou de notre société. La preuve, cette interview contient 32 fois le mots clitoris, plus que vous ne le lirez jamais en un ou deux ans. Derrière ce mot qui fait rougir se cache des problèmes d’identité, de liberté, de pouvoir et de civilisation. Et surtout, vous aurez ici la réponse à la plus vieille question de l’humanité : existe-t-il un orgasme vaginal ?



Avant de parler de Cliteracy, un mot sur tes travaux précédents qui parlent tous des genres, de leurs différences et de la difficulté à placer une frontière entre eux. " Je pense qu’à la base il y a ce fait personnel : être née dans un corps de femme et devoir gérer toutes les projections sociales qui y sont associées. En quoi mon intelligence, mes compétences devraient dépendre de la présence ou non de testicules entre mes jambes ? Depuis que je suis une petite fille, j’ai expérimenté mon corps comme étant sexualisé. J’ai des souvenirs précis à 6 ans de me faire siffler par des passants alors que je m’amusais dans mon jardin. Et j’ai compris que mon corps pouvait être utilisé contre moi. En plus, en tant que lesbienne, je ne vois nulle part de représentation de qui je suis. Pas au ciné, ni dans la pub, ni dans l’histoire de l’art, je ne me vois nulle part. Je crée donc des images qui comblent ce manque. La masculinité chez les femmes est une chose rare et unique. Magnifique selon moi. Donc, montrer la façon dont, moi, je vois ma partenaire est important. Donner l’opportunité aux gens de voir à travers mes yeux. On a tendance à avoir des représentations trop marquées des genres, des sexualités. Il faut revenir à une identité individuelle.
Nous sommes d’abord des êtres humains."

" Les hommes ne doivent pas pleurer, ne doivent pas être sensibles, sinon on les traite de PD. Ils doivent savoir lire une carte, réparer les choses, et le pire c’est que les femmes participent à ce genre de clichés. Mais pour les femmes, il y a une trop grande méconnaissance sociale de leurs organes génitaux. Chez les médecins, ou pire, dans la bouche de toutes certaines les féministes, il n’y a que le mot « vagin ». Alors que physiologiquement, le vagin n’englobe pas le clitoris. Et les femmes ne le savent même pas. Et tout ça à des conséquences. Imagine un instant la même chose pour les hommes. Que leurs testicules soient fétichisés et que tout le monde regarde et parle des testicules, mais que personne ne prête attention au pénis. Que les femmes ne s’intéressent pas au pénis. Que pendant l’acte, elles ne caressent que les testicules et disent « voilà, ça devrait le faire pour toi. »

Un des faits exposés qui est le plus surprenant, c’est de voir que le clitoris n’a commencé à être scientifiquement étudié que très récemment. Dans les années 90. " Oui, c’est le docteur Helen O’Connell, urologue, qui s’est rendue compte que seuls les organes génitaux masculins étaient connus. Selon elle, ça s’explique parce que la majorité des corps qui sont étudiés par dissection, viennent des prisons. Et les prisonniers sont, en grande majorité, des hommes. Après ça, les scientifiques seraient partis du postulat simpliste que le corps de la femme était simplement un miroir inversé du corps de l’homme. C’est incroyable que l’on puisse identifier le Boson de Higgs, cartographier l’ADN, mais qu’on ne connaisse pas les bases de l’anatomie féminine, c’est choquant. Et en même temps, le vote des femmes est très récent, et n’existe pas partout. Dans de nombreux pays, les femmes ne sont même pas considérées comme des citoyennes."
" Et financièrement, l’étude du clitoris ne rapporte pas. Un exemple parmi d’autre : si le clitoris était accepté et connu, l’industrie du porno s’effondrerait. Elle devrait complètement se réinventer en tout cas. Il ne serait plus question de pénis qui doivent pénétrer un trou aussi fort, aussi vite et aussi agressivement que possible. Je pense que si on ne connaît pas le clitoris, c’est qu’il y a un intérêt à l’ignorer. Quand on sait la manne financière que représente le viagra. Les gens qui veulent étudier le sujet ne trouvent pas de fond. Il y a ces docteurs français. Pierre Foldes et Odile Buisson. Ils ont réalisé des échographies du clitoris, prouvant, entre autre, que les femmes avaient aussi des érections. Et on apprend tellement aux femmes à se déconnecter de leurs corps, qu’elles ne savent même pas qu’elles ont des érections du clitoris. Le Docteur Pierre Foldes a aussi travaillé en Afrique, avec Médecins Sans Frontière, sur les jeunes filles ayant subies des mutilations. Il était le seul des médecins à se dire qu’on pouvait changer ça. Il a créé la première chirurgie pour réparer les dommages de l’excision. En fait, il expose les nerfs de la partie interne du clitoris. Et ces femmes qui n’avaient que de la douleur, ont enfin du plaisir, voir des orgasmes. On dépasse très largement le cadre de la simple sexualité. C’est une lutte contre la domination violente des hommes dans certains pays."

Mais peut-être que ce tabou scientifique n’est pas dû à une sorte de délire phallocrate plus ou moins conscient. Peut-être est-ce simplement un tabou autour du plaisir. Même les hommes connaissent mal leur plaisir. On croit encore aujourd’hui que chez l’homme, éjaculation = orgasme.
" Oui, c’est une conséquence de ce que la société nous impose de façon tacite sur nos identités sexuelles. Un homme doit être fort. Une femme doit être attirante, mais pas trop, et être un soutien émotionnel. On est tous censés jouer ces rôles. Mais en m’intéressant au clitoris, j’ai appris des choses sur le corps de l’homme aussi. Les trois événements : érection, éjaculation, orgasme, n’ont pas d’ordre particulier et ne se produisent pas toujours. Il y a une corrélation mais pas de causalité."

Mais si les scientifiques n’ont étudié le clitoris que récemment, les femmes, elles, savent que leur plaisir vient de cet organe depuis toujours. Pourquoi est-ce que certaines peuvent rester toute une vie avec un homme qui ne connaît pas le clitoris et ne pas lui dire ?
" Quand on est une petite fille, on découvre son corps et on sait quelles parties sont sensibles. Et puis, on va à l’école, et là, tout le monde parle de vagin. On étudie la reproduction et on ne parle jamais du clitoris. Partout dans la société, de toute façon, on ne parle du corps de la femme qu’en terme de reproduction. La vagin est l’organe de la reproduction, pas du plaisir.
La plupart des femmes que je connais pensent être les seules à avoir plus de sensibilité dans leur clitoris que dans leur vagin. Et je dois leur dire qu’elles font partie des 80 % de femmes qui sont comme elles. J’ai lu un numéro de Men’s Health l’autre jour, ils avaient un guide des 100 positions pour relancer sa vie sexuelle. Hormis le cunnilingus, aucune n’impliquait le clitoris."

Aujourd’hui, les hommes ont une énorme pression avec une culture porno trop et mal répandue. Tout n’est que performance pour eux. Avoir un gros pénis, durer longtemps, faire jouir sa partenaire. Quand on apprend que par stimulation du clitoris, une femme atteint l’orgasme en 4mn en moyenne, c’est un soulagement. En fait, tu te bats pour les deux sexes.
" Oui, c’est une belle façon de le voir. Je n’y avais pas pensé. Mais c’est vrai que beaucoup d’hommes pensent que certaines femmes ont du mal à venir. Alors qu’avec un vibro, il lui faudra trois minutes. Mais c’est honteux, socialement, d’avoir à toucher le clitoris. Tout simplement parce que le clitoris n’est pas impliqué dans la reproduction. La société doit être claire. Soit on ne fait l’amour que pour se reproduire, mais vous voudrez certainement faire l’amour plus de 2,3 ou 4 fois dans votre vie. Soit, le sexe est une histoire de plaisir, et alors chacun doit avoir accès au plaisir."

C’est vrai. Tout le monde considère l’être humain comme plus qu’un animal. Donc, une sexualité liée au plaisir est un signe de civilisation. Le clitoris pourrait devenir le plus grand symbole civilisationnel moderne.
" Je suis d’accord. C’est une question de liberté. Soyons honnête : le bon sexe appelle le sexe. On est satisfaite, mais on ne va pas s’éteindre, au contraire, on en voudra plus. Est-ce que les femmes détestent le sexe ? Non. Mais elles détestent le mauvais sexe. Il faut apprendre aux jeunes filles que le sexe ne doit jamais être une douleur ou même un mauvais moment. Si le sexe est désagréable, il faut juste changer de partenaire. Idem pour les petits garçons. On leur apprend surtout à ne pas mettre une femme enceinte. On devrait parler de respect, de plaisir, de respect du plaisir de l’autre. Expliquer aux enfants comment leurs corps fonctionnent, tout simplement."

Tu parles beaucoup de tabous, mais tu ne mentionnes jamais la religion.
" J’ai grandit avec une mère orthodoxe, d’origine grecque, et tu n’images pas combien de fois j’ai entendu le mot « vierge ». Vierge par-ci, vierge par-là. La Vierge Marie est la femme absolue. Et donc, puisqu’on ne peut pas devenir mère sans perdre sa virginité, on a échoué. D’emblée. La virginité est une grande injustice. Les hommes peuvent faire ce qu’ils veulent, ils restent intacts. Nous, on a droit à un seul coup. Comme une bouteille qu’on ouvre. Une fois que c’est ouvert, c’est ouvert."

Mais peut-être que si l’homme ignore le plaisir féminin, voir au pire, le mutile, ce n’est pas dans un projet phallocrate, conspirationniste. Peut-être est-ce simplement une peur instinctive. Celle des règles, de ce corps qui saigne. Celle de l’orgasme, tellement puissant.
" Bien sur. Même si je pense que la guerre fait bien plus peur qu’un orgasme. Mais le plaisir féminin est comme un océan. C’est une force créatrice incroyable. C’est une force qui donne littéralement la vie. C’est donc une réaction très primale face à cette puissance. D’après mes études, il y a 200 millions de femmes qui vivent actuellement sans clitoris. Une façon de s’assurer de la fidélité de sa femme, qu’elle soit pure et vierge le jour du mariage.



Selon toi, est-ce les choses vont dans le bon sens ? Est-ce que globalement, la situation s’améliore pour les femmes, en occident au moins ?
" Oui et non. Avec ce travail, je rencontre plein de gens qui connaissent les subtilités du plaisir féminin et beaucoup d’autres qui le découvrent et veulent l’appliquer immédiatement. Mais à chaque fois que je prends la parole quelque part, il y a toujours ces hommes qui ricanent à chaque fois qu’ils entendent le mot clitoris. Pour eux, le clitoris n’est qu’une blague. Ils ne veulent même pas écouter, ils sont surs de tout savoir. Alors que par définition, on ne sait pas ce qu’on ne sait pas. Et puis, il y a des groupes, aux États-Unis, comme les Promise Keepers, un groupuscule catholique, qui lutte pour que les hommes retrouvent leur place, qu’ils redeviennent de vrais hommes. Pas de sexe avant le mariage pour les femmes, bien sur.







Parles nous de ce rodéo de clitoris.
" C’était génial. Les seules règles étaient : vous devez respecter le clitoris et vous devez vous amuser. Et on notait les riders sur trois critères. La dextérité, le style et la générosité. C’était incroyable. Il y avait énormément de monde et personne ne savait à quoi s’attendre. Même pas nous. On a eu un homme qui nettoyait le clitoris avec son t-shirt pour sa femme enceinte de 8 mois. Certains surfaient le clitoris, d’autres faisaient du yoga. Lisaient. Fumaient une cigarette. À un moment, le clitoris s’est cassé. Ça m’a brisé le cœur. On a dit à tout le monde de partir, mais personne n’est parti. Et puis, une femme a demandé si elle pouvait quand même le chevaucher. Et en fait, ce qu’elle a fait était encore mieux que quand le clitoris était accroché au ressort. C’était très symbolique. Le clitoris n’est pas fait pour être attaché."

Nous devons éclaircir un point une fois pour toute : est-ce que l’orgasme vaginal est un mythe ou est-ce qu’il existe ?
Je suis très heureuse que tu poses la question. Fondamentalement, oui. Et non. En fait, les femmes peuvent avoir un orgasme par pénétration, mais c’est le clitoris interne qui y mène. Il faut d’abord stimuler le clitoris externe pour que le clitoris interne s’excite et devienne plus sensible. Après, bien sur, il y a des différences individuelles, donc, parlez avec votre partenaire.

jeudi 12 décembre 2013

JE NE RESSENS RIEN ... LOUISE 17 ANS

Contactée par Daisy pour répondre à Louise

sur le blog étudiant "Qu'est que j'en sexe" : 

Je ne ressens rien quand je fais l’amour… C’est normal ?

monsieur_peureuxM
« Je suis avec mon copain depuis 4 ans et je l’aime beaucoup. Nous avons des rapports depuis 3 ans mais le problème c’est que je ne ressens absolument rien. Ce n’est pas désagréable mais le fait que je sois incapable de ressentir quelque chose me pèse et pourrit notre vie amoureuse. Même seule, bien que j’arrive à me donner du plaisir clitoridien, je n’atteins jamais l’orgasme. Est-ce que je suis normale ? »
 Louise, 17 ans

CE QU’ILS EN PENSENT :
Baptiste, 23 ans : « Cela va de soi mais on ne sait jamais : est-ce que tu as bien pris soin de discuter de cette situation avec ton copain ? Quand ça ne fonctionne pas, c’est important de dialoguer et de ne pas rester seule dans ton coin à psychoter… Peut-être qu’en discutant, ça débloquera quelque chose. »
Marie, 21 ans : « Je pense que ce n’est pas une question de normalité… Apprivoiser son corps et sa sexualité prend parfois un peu de temps, à chacun son rythme et ses envies. Une chose est sûre : si tu vis mal la situation, parle avec ton partenaire et change les choses, ne reste pas comme ça. »

L’AVIS DE NOTRE EXPERTE : Marie-Noëlle LANUIT, sexothérapeute et spécialiste du plaisir féminin.
Bonjour Louise,
Votre trouble est partagé par de nombreuses femmes et l’âge n’y change rien. A force le lire dans les magazines et de voir des femmes jouirent facilement dans certains films (systématiquement et de manière très démonstrative), beaucoup se sentent frustrées de ne pas vivre cette extase.
Mais sachons déjà de quoi nous parlons et ne confondons pas orgasme et jouissance : deux extases sexuelles si différentes.
L’ orgasme est une réaction du corps très mécanique. Quand je parle d’orgasme, je parle de cette sensation très électrique, comme aigüe et très furtive (quelques secondes seulement) dont le clitoris est l’unique déclencheur. Rappelons que le clitoris possède 10 000 terminaisons nerveuses. Le plaisir que vous dites ressentir quand vous jouez seule en caressant votre bouton de rose est certainement un orgasme. La stimulation du clitoris entraîne une série de contractions rapides des muscles du périnée et des organes génitaux ; ces contractions peuvent être très subtiles, presque imperceptibles. Tout cela s’accompagne également d’un changement du rythme cardiaque. Effectivement ça n’a rien à voir avec les longues minutes de râles cinématographiques…
La jouissance est très différente, c’est une sensation plus érotique, plus diffuse et plus sourde, comme une douce vague de chaleur ressentie dans le ventre et parcourant le corps. Elle peut durer plusieurs minutes sans passer par un point culminant de plaisir. Je pense qu’elle s’acquière au fil des expériences et surtout lors de rapports sexuels commençant très lentement, à base de caresses, de massages, de communication et de complicité. Elle n’a pas de marqueur physiologique contrairement à l’orgasme. En fait, il y a très peu de terminaisons nerveuses dans le vagin, donc il est tout à fait fréquent que des femmes ne ressentent pas forcément grand chose avec les « va-et-vient » d’un pénis.
Vous êtes au tout début de votre vie sexuelle, alors pour répondre à votre question : oui vous êtes tout à fait normale car, en réalité, il n’y a pas de normes ! Certes, il y a des statistiques mais souvent sur des enquêtes peu fiables, où les résultats aiment se calquer sur des représentations fausses.
L’art du plaisir sexuel est un long apprentissage qui passe avant tout par la découverte et la connaissance de son corps, par son érotisation et il n’y a pas de cours pour ça.
C’est à chacun d’entre nous de trouver notre chemin, et quel merveilleux voyage…

LE BON AVIS TRENDY :
Encore une fois, il n’est pas question d’être normale ou anormale… Concentre-toi d’abord sur tes désirs sans chercher à te comparer aux autres. Tu dis que tu ne ressens rien mais que ce n’est pas désagréable : tu ressens donc bien quelque chose ! Tu dis même que tu parviens à te donner du plaisir mais pas à atteindre l’orgasme… Et alors ? Atteindre l’orgasme n’est pas une fin en soi ! Evidemment, à force d’en entendre parler, ça donne envie de passer par là. Mais inutile d’en faire une quête absolue. Tu prends le risque d’être déçue à tous les coups. Commence par faire le plein de sensations, avec un peu de chance (et d’expérience), peut-être que tu toucheras le graal du bout des doigts… 
EN BREF : « Le Graal est polymorphe, chacun porte en soi son Graal tel qu’il l’imagine et le cultive. » J.C. Payen, 1981
Daisy

jeudi 20 juin 2013

Quel CON !


CON ...

La planète des cons 

Le dîner de con 
Le roi des cons 
Requiem pour un con 
Le mur des cons 
Casse toi pauvre con 
Mort aux cons 
« Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît »

Bref ! nous sommes cernés par les cons, 
et bien justement ... 





3 lettres minuscules : une insulte ? 
Oui !  que nous utilisons tant ... et pourtant ! 
Ce mot parle de notre sexe , notre vagin ;
du latin "cunnus" qui veut dire gaine, fourreau d'où le mot cunnulingus.

On disait d’ailleurs avant : 
"enconner" pour parler de pénétration vaginale et "déconner" pour dire se retirer (utile moyen de contraception de l'époque).

Et ce CON est devenu une insulte sexiste au 19 ème siècle , il devient une construction adjectival décrivant une femmes de mauvaises moeurs. "Elle est con". 
Son emploi devient injurieux et misogyne , exploitant l'impuissance et la passivité du sexe féminin de l'imaginaire collectif. Bin voyons ! 
Une "connasse" était une prostitué sans expérience. 

Jules Michelet (historien français 1798-1874) déplore la bassesse de ce vocabulaire en écrivant : " C'est une impiété inepte d'avoir fait du mot con un terme bas, une injure. Le mépris de la faiblesse ? Mais nous sommes si heureux qu'elles soient faibles. C'est non seulement le propagateur de la nature, mais le conciliateur, le vrai fond de la vie sociale pour l'homme "

Heureusement qu’ il y a des poètes qui ont su utiliser ce mot noblement avec par exemple Louis Aragon qui signe en 1928 "Le con d’Irene" publié clandestinement sous le pseudonyme d'Albert de Routinie pour éviter la censure , un roman érotique , une ode passionnée à notre sexe Mesdames : 

"Ce lieu de délice et d'ombre, ce patio d'ardeur, dans ses limites nacrées ...

Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux ...
Si petit et si grand ! C'est ici que tu es à ton aise, homme en fin digne de ton nom."



et Georges Brassens qui écrit et chante  "Le Blason" :


"C'est injuste, Madame, et c'est désobligeant 

Que ce morceau de roi de votre anatomie 
Porte le même nom qu'une foule de gens"

Alors Mesdames et surtout vous Messieurs si vous aimez les Femmes , pour vos prochaines insultes et nom d'oiseau ... 

Pensez y maintenant ... ;-) 




Ayant avec que lui toujours fait bon ménage
J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant
Tendre corps féminin ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.

Ceût été mon ultime chant mon chant du cygne
Mon dernier billet doux mon message d'adieu
Or malheureusement les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable à l'odieux.

C'est la grande pitié de la langue française
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cette incomparable instrument de bonheur.

Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques
Tendre corps féminin' c'est fort malencontreux
Que la fleur la plus douce la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.

Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus familier coutumier
Il est inexplicable il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier

Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota de même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.

Misogyne à coup sûr asexué sans doute
Au charmes de Vénus absolument rétif
Etait ce bougre qui toute honte bue toute
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.

La malpeste soit de cette homonymie
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.


Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne en effaçant d'un coup des siècles d'avanie
A cette vraie merveille un joli nom chrétien

En attendant madame il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autre moyen et que je les connais
Et que je les connais.
Paroles et Musique: Georges Brassens   1972 © Editions musicales 57