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mercredi 16 novembre 2016
vendredi 14 octobre 2016
RECTIFIONS ! avec les commentaires d'ODILE FILLOD
En découvrant cet article, tout d'abord : joie ! youpi ! on parle de mon meilleur ami puis vint la lecture et quelle déception de lire autant d'erreurs qui n'ont plus lieu d'être.
Je me permets donc de corriger en rouge selon les connaissances scientifiques disponibles à cette heure.
J'ajoute le 16 octobre ci dessous les commentaires de Odile Fillod chercheuse indépendante en sociologie des sciences et spécialiste des questions de sexe/genre. Merci sincèrement pour ces précisions :-)
J'ajoute le 16 octobre ci dessous les commentaires de Odile Fillod chercheuse indépendante en sociologie des sciences et spécialiste des questions de sexe/genre. Merci sincèrement pour ces précisions :-)
Comment marche le clitoris, l'organe du plaisir
Souvent boudé par les hommes, le clitoris a longtemps été ignoré par les chercheurs et les médecins. Depuis une quinzaine d'années, les connaissances progressent sur l'organe du plaisir et plus largement, sur la jouissance féminine. Coup de projecteur sur le clitoris...
Rappelons que le clitoris est connu depuis l’antiquité grecque. Les anatomistes européens
l’ont redécouvert au milieu du XVIème siècle en proposant alors de nouvelles descriptions
sur la base de leur dissection de cadavres. Charles Estienne à Paris, dans un traité
d’anatomie publié en 1545 en latin et 1546 en français, puis Realdo Colombo et Gabriele
Fallopio à Padoue, dans leurs traités respectifs de 1559 et 1561. Les premières
représentations montrant le gland et les longs piliers datent de 1600 (Casseri 1600), et les
bulbes vestibulaires sont dans tous les traités d’anatomie de la seconde moitié du 19ème
siècle (Kobelt, 1950).
Puis au 20ème siècle, une grande vague d’obscurantisme sexuel fait disparaitre le clitoris des traités d’anatomie. En 1998, l’urologue australienne Helen O'Connell ose briser l’omerta clitoridienne et remet au grand jour les découvertes précédentes.
Puis au 20ème siècle, une grande vague d’obscurantisme sexuel fait disparaitre le clitoris des traités d’anatomie. En 1998, l’urologue australienne Helen O'Connell ose briser l’omerta clitoridienne et remet au grand jour les découvertes précédentes.
Toutes les femmes ont un clitoris, parfois de taille réduite à quelques millimètres ou plus long, mesurant un centimètre ou plus. Il se compose du gland (l'équivalent du gland du pénis), partiellement recouvert par le prépuce , le capuchon. Mais le "petit bouton" que l'on voit n'est que la partie émergée de l'iceberg et cette découverte date de moins de 10 ans !
COMPLETEMENT FAUX ! (l'excision totale du clitoris était pratiquée en Europe , on connaissait donc très bien son anatomie complète)
Il se prolonge par le corps du clitoris, qui se divise en 2 corps caverneux, nommés les piliers du clitoris. Ceux-ci mesurent 10 cm environ , entre 8 et 12 cm selon les femmes et s'attachent aux ischions et se gorgent de sang lors de l'excitation sexuelle, exactement comme les corps caverneux du pénis. Autre partie : le bulbe, qui est composé d'un corps spongieux et s'accroche à la partie antérieure du vagin.
Lors de l’excitation sexuelle, l’érection du clitoris concerne essentiellement le corps du clitoris, juste derrière le gland, qui se redresse et le rend plus proéminent, donc plus visible et plus facile à repérer au toucher. Le gland se gorge aussi de sang, il devient plus ferme sans vraiment augmenter de taille. Simultanément, dans les structures profondes, les bulbes vestibulaires gonflent. L’érection du corps du clitoris est très variable : des femmes en ont de faibles, peu repérables, alors que d’autres en ont de très prononcées, avec un gland qui se manifeste en s’érigeant dans la vulve. De plus, chez une même femme, l’érection du clitoris peut varier, en fonction de son excitation mais aussi de nombreux critères comme la fatigue.
Le clitoris, le "nouveau point G" ?
La place primordiale du clitoris dans la jouissance féminine n'est plus à démontrer. Mais l'approfondissement des connaissances anatomiques a permis de mieux comprendre son rôle dans le soi-disant point G (qui n'a aucune réalité anatomique) , cette zone du vagin plus sensible aux stimulations. Il ne s'agit pas d'une zone anatomique délimitée sur le vagin,(l'anatomie du vagin et son innervation n'ont jamais été étudiée) mais d'un complexe formé par la paroi antérieure du vagin, l'urètre et le clitoris interne. Donc quand la pénétration fait jouir, c'est bien souvent par stimulation interne du clitoris. En réalité, tous les sexologues s'accordent sur un point : peu importe le mode de stimulation (qu'il s'agisse du clitoris ou du vagin), c'est le plaisir qui compte....
NON !!! Il est très important en consultation de pouvoir nommer ces plaisirs si différents. Nous parlons de jouissance pour exprimer le long plaisir vaginal ou anal comme des vagues chaudes et profondes irradiant l'ensemble du corps et d'orgasme pour décrire cette sensation si électrique montant jusqu'à l'explosion de la tension sexuelle , faisant doubler le rythme de la fréquence cardiaque et provoquant des spasmes réflexes du périnée , chez beaucoup de femmes une phase réfractaire, une tension forte dans les jambes qui se tendent et ou se serrent.
L’anatomie du clitoris montre une grande innervation du gland, mais les bulbes vestibulaires et les piliers du clitoris ne sont quasiment pas innervés, donc probablement insensibles. Pourtant, ce concept erroné est repris trop souvent, y compris par des féministes. Je pense qu’il s’agit d’une position idéologique qui tente de survaloriser l’orgasme vaginal, donc de sous-estimer l’orgasme clitoridien. Les bulbes vestibulaires sont des structures très érectiles. Lors de l’excitation, ils se gonflent de sang et sont visibles chez certaines femmes, latéralement, dans la vulve juste à l’entrée du vagin. Ce gonflement n’est jamais mentionné comme zone érogène ! Parfois même, ce gonflement est douloureux.
Un organe aimé des femmes mais négligé par les hommes
Un organe aimé des femmes mais négligé par les hommes
Les femmes qui se masturbent le savent bien, elles se font jouir à tous les coups ou presque. En revanche, l'orgasme durant le rapport n'est pas systématique, ce qui en frustrent certaines.
Alors qu'il est le moyen le plus simple pour jouir pour la majorité des femmes, le clitoris est souvent négligé par les hommes durant la pénétration. Par peur de ne pas savoir s'y prendre, ou parce qu'ils préfèrent donner du plaisir avec leur pénis, ils se focalisent sur la pénétration. Or stimuler le clitoris avec le doigt (attention, avec douceur et du lubrifiant ... nous sécrétons un lubrifiant naturel grâce aux glandes de Bartholin : la cyprine ou bien il suffit d'un peu de salive sur le bout du doigt ) ou avec la langue est une façon aisée de donner du plaisir à sa partenaire et de la mettre dans d'excellentes dispositions...(pour la pénétration ?...)
Si les femmes veulent augmenter le plaisir qu'elles prennent durant la pénétration, à elles de choisir les positions qui leur font le plus d'effet, ou celles qui leur permet de se caresser en même temps. C'est le cas de l'amazone (la femme sur l'homme), ou la cuillère (l'homme derrière la femme, les deux étant allongés sur le côté), ou encore la femme allongée sur l'homme (en frottant son sexe comme bon lui semble).
Alors qu'il est le moyen le plus simple pour jouir pour la majorité des femmes, le clitoris est souvent négligé par les hommes durant la pénétration. Par peur de ne pas savoir s'y prendre, ou parce qu'ils préfèrent donner du plaisir avec leur pénis, ils se focalisent sur la pénétration. Or stimuler le clitoris avec le doigt (attention, avec douceur et du lubrifiant ... nous sécrétons un lubrifiant naturel grâce aux glandes de Bartholin : la cyprine ou bien il suffit d'un peu de salive sur le bout du doigt ) ou avec la langue est une façon aisée de donner du plaisir à sa partenaire et de la mettre dans d'excellentes dispositions...(pour la pénétration ?...)
Si les femmes veulent augmenter le plaisir qu'elles prennent durant la pénétration, à elles de choisir les positions qui leur font le plus d'effet, ou celles qui leur permet de se caresser en même temps. C'est le cas de l'amazone (la femme sur l'homme), ou la cuillère (l'homme derrière la femme, les deux étant allongés sur le côté), ou encore la femme allongée sur l'homme (en frottant son sexe comme bon lui semble).
La première étude sur la distance entre le clitoris et le vagin remonte à 1924 : Marie Bonaparte a étudié, sur un échantillon de plus de 200 femmes, la distance entre le gland clitoridien et le méat urinaire. Elle a trouvé une grande variabilité de résultats, de 1,5 à 3,5cm ! Puis elle a comparé, sur un échantillon plus restreint de 43 femmes, la satisfaction sexuelle et la position du clitoris. Celles qui avaient un orgasme uniquement clitoridien présentaient un clitoris trop éloigné de l’entrée du vagin pour être stimulé par le pénis. Elle en déduisit qu’il y avait une relation entre l’éloignement du clitoris et l’anorgasmie vaginale.
Il est possible d'augmenter la sensibilité du complexe cité ci-dessus, ainsi que le plaisir pris durant le coït, en sensibilisant cette zone progressivement. Des travaux pratiques s'imposent, seule (à l'aide du doigt ou d'un stimulateur de point G, plus efficace) ou à deux (doigt du partenaire réalisant un contact appuyé et prolongé sur le "point G" ou positions sexuelles permettant un appui du pénis sur le complexe, comme dans l'amazone lorsque la femme se penche en arrière.
Il est possible d'augmenter la sensibilité du complexe cité ci-dessus, ainsi que le plaisir pris durant le coït, en sensibilisant cette zone progressivement. Des travaux pratiques s'imposent, seule (à l'aide du doigt ou d'un stimulateur de point G, plus efficace) ou à deux (doigt du partenaire réalisant un contact appuyé et prolongé sur le "point G" ou positions sexuelles permettant un appui du pénis sur le complexe, comme dans l'amazone lorsque la femme se penche en arrière.
Il est incontestable que nous sentons bien une zone aux sensations différentes à l'entrée du vagin, anatomiquement elle correspond à la zone de contact de la prostate féminine (M. Zaviacic 2001)
Attention, il ne s'agit pas d'une course à l'orgasme systématique ! Il s'agit simplement de conseils pratiques et informatifs pour augmenter les connaissances en matière de sexualité et potentiellement améliorer votre vie sexuelle. Mais l'orgasme n'est pas un but en soi et ne doit pas le devenir. C'est le plaisir de faire l'amour avec soi-même et ou son, ou sa, partenaire qui compte...
La parole maintenant à Odile Fillod :
" Le problème essentiel il me semble, c'est de s'entendre sur les termes. Par exemple, ce que vous appelez le gland du clitoris et dont vous dites qu'il se gorge de sang lors de l'excitation sexuelle ne semble pas correspondre à ce qui est appelé gland dans la littérature scientifique, et qui est justement la seule partie du clitoris qui n'est pas érectile. Cf l'image ci-jointe.
Autre exemple : la notion d'érection du clitoris. En principe, cela désigne l'engorgement des corps caverneux (cc) du clitoris se traduisant par une augmentation du volume et un durcissement (les veines se retrouvant coincées contre la tunique albuginée : c'est comme pour le pénis). En ce sens, le corps du clitoris est érectile mais ses piliers le sont aussi aussi (seul son gland ne l'est pas). Mais vous semblez désigner par "érection" le fait que le clitoris se redresse. Dans ce cas, ça ne peut concerner (le cas échéant) que la partie du clitoris qui se trouve entre son genou et le gland - le reste étant attaché aux os ischion-pubien et ne pouvant pas bouger).
La mention par C. Tourmente de l'engorgement des bulbes lors de l'excitation sexuelle est également correcte. Ci-joint une image issue d'un autre article scientifique assez récent, dans laquelle on voit à gauche un morceau de bulbe (fonctionnant comme les corps caverneux du clitoris sauf qu'il n'y a pas de tunique albuginée autour), et à droite un morceau du muscle bulbo-spongieux qui le recouvre.

Sinon, au sujet de l'innervation du vagin il existe quand même des travaux. Ainsi, Hilliges et al (1995) l'a étudiée au moyen d'un marqueur de présence de cellules nerveuses (le PGP 9.5) sur des échantillons de biopsies du paroi du vagin de 6 femmes. D'après ce marqueur, il y avait : 1) des terminaisons nerveuses libres dans l'épithélium (qui sont en général des nocicepteurs) uniquement au niveau de l'orifice du vagin (ce qui corrobore l'idée commune selon laquelle l'intérieur du vagin est grosso modo insensible) 2) une innervation plus dense de la paroi antérieure du vagin que de la postérieure, et dense surtout dans des zones riches en vaisseaux sanguins (et comme les auteurs le soulignent : "Naturelle, most of the vascular innervation may be of autonomic origin, thus related to blood pressure control and/or vascular permeability.") 3) aucun corpuscule de Pacini, ces récepteurs dont on pense qu'ils jouent un rôle clé dans le plaisir sexuel et qu'on trouve a contrario en abondance dans le clitoris (et pas seulement dans son gland ;))
Et toujours sur l'innervation du vagin, il y a aussi Pauls et al (2006). Ces auteurs ont utilisé un autre marqueur (le S100), sur des biopises de vagins de 21 femmes. Ils n'ont quant à eux trouvé aucune différence significative de la densité d'innervation (ni entre parois postérieure et antérieure, ni selon que la partie proximale ou distale était considérée), notant seulement une tendance du fond du vagin à être un peu moins innervé que ses parois postérieure et antérieure). Par ailleurs, ils n'ont pas trouvé de corrélation entre les nombres de nerfs et les réponses des patientes à un questionnaire sur leur fonctionnement sexuel (excitation, orgasmes, etc). On ne peut tirer de conclusions définitives ni de cette étude, ni de celle de 1995, mais elles donnent néanmoins quelques indications. Je chercherai s'il y en a de plus récentes."
à suivre ...
Attention, il ne s'agit pas d'une course à l'orgasme systématique ! Il s'agit simplement de conseils pratiques et informatifs pour augmenter les connaissances en matière de sexualité et potentiellement améliorer votre vie sexuelle. Mais l'orgasme n'est pas un but en soi et ne doit pas le devenir. C'est le plaisir de faire l'amour avec soi-même et ou son, ou sa, partenaire qui compte...
La parole maintenant à Odile Fillod :
" Le problème essentiel il me semble, c'est de s'entendre sur les termes. Par exemple, ce que vous appelez le gland du clitoris et dont vous dites qu'il se gorge de sang lors de l'excitation sexuelle ne semble pas correspondre à ce qui est appelé gland dans la littérature scientifique, et qui est justement la seule partie du clitoris qui n'est pas érectile. Cf l'image ci-jointe.

Autre exemple : la notion d'érection du clitoris. En principe, cela désigne l'engorgement des corps caverneux (cc) du clitoris se traduisant par une augmentation du volume et un durcissement (les veines se retrouvant coincées contre la tunique albuginée : c'est comme pour le pénis). En ce sens, le corps du clitoris est érectile mais ses piliers le sont aussi aussi (seul son gland ne l'est pas). Mais vous semblez désigner par "érection" le fait que le clitoris se redresse. Dans ce cas, ça ne peut concerner (le cas échéant) que la partie du clitoris qui se trouve entre son genou et le gland - le reste étant attaché aux os ischion-pubien et ne pouvant pas bouger).
La mention par C. Tourmente de l'engorgement des bulbes lors de l'excitation sexuelle est également correcte. Ci-joint une image issue d'un autre article scientifique assez récent, dans laquelle on voit à gauche un morceau de bulbe (fonctionnant comme les corps caverneux du clitoris sauf qu'il n'y a pas de tunique albuginée autour), et à droite un morceau du muscle bulbo-spongieux qui le recouvre.

Sinon, au sujet de l'innervation du vagin il existe quand même des travaux. Ainsi, Hilliges et al (1995) l'a étudiée au moyen d'un marqueur de présence de cellules nerveuses (le PGP 9.5) sur des échantillons de biopsies du paroi du vagin de 6 femmes. D'après ce marqueur, il y avait : 1) des terminaisons nerveuses libres dans l'épithélium (qui sont en général des nocicepteurs) uniquement au niveau de l'orifice du vagin (ce qui corrobore l'idée commune selon laquelle l'intérieur du vagin est grosso modo insensible) 2) une innervation plus dense de la paroi antérieure du vagin que de la postérieure, et dense surtout dans des zones riches en vaisseaux sanguins (et comme les auteurs le soulignent : "Naturelle, most of the vascular innervation may be of autonomic origin, thus related to blood pressure control and/or vascular permeability.") 3) aucun corpuscule de Pacini, ces récepteurs dont on pense qu'ils jouent un rôle clé dans le plaisir sexuel et qu'on trouve a contrario en abondance dans le clitoris (et pas seulement dans son gland ;))
Et toujours sur l'innervation du vagin, il y a aussi Pauls et al (2006). Ces auteurs ont utilisé un autre marqueur (le S100), sur des biopises de vagins de 21 femmes. Ils n'ont quant à eux trouvé aucune différence significative de la densité d'innervation (ni entre parois postérieure et antérieure, ni selon que la partie proximale ou distale était considérée), notant seulement une tendance du fond du vagin à être un peu moins innervé que ses parois postérieure et antérieure). Par ailleurs, ils n'ont pas trouvé de corrélation entre les nombres de nerfs et les réponses des patientes à un questionnaire sur leur fonctionnement sexuel (excitation, orgasmes, etc). On ne peut tirer de conclusions définitives ni de cette étude, ni de celle de 1995, mais elles donnent néanmoins quelques indications. Je chercherai s'il y en a de plus récentes."
à suivre ...
jeudi 3 avril 2014
HYMNE AU CLITORIS
à la lecture de ce texte , je jubile , j'exalte , je partage :
Lu dans Féminin Bio écrit par Delphine Lhuillier ethnologue de formation. Responsable éditoriale de generation-tao.com, elle a participé à la création du Centre Tao Paris et est également formatrice en Wutao®. Elle est initiatrice du Festival du Féminin®, né en 2012, qui a désormais acquis une dimension internationale.
Hymne au clitoris
Waouh, oui, je crois que je peux le dire, j’adore mon clitoris !
Jusqu’à son nom. Ses douces sonorités. Son "clit" qui sonne comme un "eurêka, j’ai trouvé !". Son "o" qui s’exclame comme un "oh, que c’est bon !", son "ris" qui crisse tout en malice. Je l’aime pour le plaisir qu’il me procure.
Pour sa douceur. Pour son authenticité. Il me décharge de mes tensions et me promène dans la voie lactée.
Longtemps honni, humilié, désavoué. Encore mutilé de par le monde pour ce qu’il représente, une voie de plaisir pour les femmes, et donc une voie d’émancipation et de liberté. Pensez que cet organe, cette "graine de plaisir" comme l’appellent les taoïstes, n’a pour seule fonction que celle de nous donner du plaisir ! Il est totalement déconnecté des fonctions reproductrice et urinaire.
Alors oui, rendons-lui grâce ! Car il nous conduit à l’orgasme, favorise nos relations sexuelles, stimule notre excitation, agit comme lubrifiant, et j’en passe ! Chacun d’entre nous, femmes et hommes confondus, devrions lui élever un autel !
De grandes lèvres et de petites lèvres qui le protègent, un capuchon, tel un prépuce, qui le couronne, je me sens pleine de gratitude envers la chirurgienne Helen O’Connell pour nous en avoir révélé tous les mystères. En 1998, cette Australienne découvre que les opérations faites aux femmes dans la région pelvienne étaient traumatisantes. Elle réalise que c’est par ignorance du profil anatomique du clitoris. Elle commence alors ses études et pallie le manque d’informations à son sujet.
Elle nous révèle que le clitoris est la partie émergée d’un organe qui se prolonge en nous, grand comme un pénis. Qu’il possède huit mille capteurs sensitifs. Natalie Angier, auteure de Femme !, nous précise : "… soit la plus grande concentration de terminaisons nerveuses dans l’organisme. Plus que le bout des doigts, plus que les lèvres, plus que la langue, et deux fois plus que le pénis. "
Ces terminaisons nerveuses directement reliées au cerveau, la stimulation de notre clitoris déclenche dans notre organisme un déferlement d’ocytocine, l’hormone du plaisir. Qu’il soit long, petit ou charnu, dès qu’il est excité, il gonfle, se gorge d’afflux sanguin et redresse sa tête pour nous combler de merveilles.
Pour sa douceur. Pour son authenticité. Il me décharge de mes tensions et me promène dans la voie lactée.
Longtemps honni, humilié, désavoué. Encore mutilé de par le monde pour ce qu’il représente, une voie de plaisir pour les femmes, et donc une voie d’émancipation et de liberté. Pensez que cet organe, cette "graine de plaisir" comme l’appellent les taoïstes, n’a pour seule fonction que celle de nous donner du plaisir ! Il est totalement déconnecté des fonctions reproductrice et urinaire.
Alors oui, rendons-lui grâce ! Car il nous conduit à l’orgasme, favorise nos relations sexuelles, stimule notre excitation, agit comme lubrifiant, et j’en passe ! Chacun d’entre nous, femmes et hommes confondus, devrions lui élever un autel !
De grandes lèvres et de petites lèvres qui le protègent, un capuchon, tel un prépuce, qui le couronne, je me sens pleine de gratitude envers la chirurgienne Helen O’Connell pour nous en avoir révélé tous les mystères. En 1998, cette Australienne découvre que les opérations faites aux femmes dans la région pelvienne étaient traumatisantes. Elle réalise que c’est par ignorance du profil anatomique du clitoris. Elle commence alors ses études et pallie le manque d’informations à son sujet.
Elle nous révèle que le clitoris est la partie émergée d’un organe qui se prolonge en nous, grand comme un pénis. Qu’il possède huit mille capteurs sensitifs. Natalie Angier, auteure de Femme !, nous précise : "… soit la plus grande concentration de terminaisons nerveuses dans l’organisme. Plus que le bout des doigts, plus que les lèvres, plus que la langue, et deux fois plus que le pénis. "
Ces terminaisons nerveuses directement reliées au cerveau, la stimulation de notre clitoris déclenche dans notre organisme un déferlement d’ocytocine, l’hormone du plaisir. Qu’il soit long, petit ou charnu, dès qu’il est excité, il gonfle, se gorge d’afflux sanguin et redresse sa tête pour nous combler de merveilles.
Oui, mon clitoris, et tous les clitoris du monde, comment ne pas vous dire que je vous aime.
lundi 3 mars 2014
HISTORIQUE DU CLITORIS
Le clitoris, on n'y connaît rien : d'où vient cet obscurantisme sexuel ?
Par Jean-Claude Piquard - Sexologue clinicien - dans Le + du Nouvel Obs du 01-11-2013
Clitoris - 1836 Flourens & Deschamp
La connaissance de la sexualité en général et surtout de la sexualité féminine accuse beaucoup de retard par rapport au reste du corps humain. Le phénomène des femmes-fontaines n’est par exemple toujours pas scientifiquement élucidé – c’est scandaleux ! La connaissance du clitoris, quant à elle, est très limitée.
Je pensais qu’il s’agissait d’un manque d’information. Mais je me trompais ! C’est un véritable obscurantisme. Cette connaissance, on l’a perdue. Or, au fur et à mesure que le clitoris a reculé (en disparaissant par exemple de la littérature médicale), les droits des femmes ont fait de même. En 1925, les universités américaines pouvaient se targuer d’avoir atteint une quasi-parité. En 1960, il n’y avait plus que 25% de femmes.
Le clitoris, un inconnu pour 1 collégienne sur 2
Dès l’Antiquité, le clitoris a été reconnu comme l’organe essentiel du plaisir féminin. Au XVIe siècle, les planches d’anatomie décrivaient parfaitement cet organe, y compris son parcours interne. Quant aux textes sur la sexualité du XVIIe, y compris littéraire (cf. "Le rideau levé", de Mirabeau), ils démontraient une grande connaissance de la sexualité féminin et de l’orgasme féminin.
Aujourd’hui, seules 50% des collégiennes de 13-14 ans connaissent l’existence du clitoris, et 16% sa fonction érogène. Au XXe siècle, les femmes, parce que la société a rendu leur sexe sale, sont 80% à ne pas trouver leur clitoris, alors que, de leur côté, tous les hommes ont toujours trouvé leur sexe et ont su se masturber. Le clitoris est pourtant à portée de main.
C’est au milieu du XVIIIe siècle qu’a démarré un obscurantisme sexuel qui allait trouver son apogée dans les années 1960. En 1750, en effet, la masturbation est prohibée. En Allemagne et dans les pays protestants, cette interdiction violente se double d’une répression.
En France, le clitoris pour un usage solitaire n’est pas autorisé. Mais il reste recommandé, y compris par les Églises, au sein du couple. On lui attribuait alors un rôle dans la procréation et la fertilité. L’idée, depuis Hippocrate, c’était que la femme devait avoir un orgasme pour être féconde.
Freud, exciseur psychique
Puis, vers 1880, les scientifiques, après avoir longuement débattu, arrivent à un accord : le clitoris n’a aucun rôle dans le processus de reproduction. À l’origine de ce Big Brother anti-clitoridien, la politique nataliste des États : toutes les pratiques non reproductives devaient être éliminées, comme la masturbation réciproque en couple, qui était utilisée comme un moyen de contraception.
En Allemagne, les jeunes femmes considérées comme des masturbatrices récalcitrantes étaient excisées (20% des opérations avaient une issue fatale). Et comme l’organe était bien connu, on extirpait tout le clitoris, pas seulement le bout charnu.
Ensuite, Freud a joué le rôle d’exciseur psychique. La femme adulte devait délaisser le clitoris et investir le vagin. Il a été le premier à accoler les termes orgasme et vaginal. Et jeter ainsi dans le Danube 400 ans de savoir médical.
Résultat, la sexualité s’est réduite à la reproduction, ou tout du moins à la seule pénétration. À tel point qu’en 1966 la chanson de Gainsbourg "Les Sucettes à l’anis", qui décrit implicitement une fellation, n’a été comprise que par quelques initiés. La censure qui existait à cette époque n’y a vu que du feu, car les paroles n’évoquent pas une pratique pénétrative.
Blocage médical
Aujourd’hui, le clitoris est revenu sur la place publique. La société civile en parle, les médias aussi, notamment les magazines féminins. Le film "Le clitoris, ce cher inconnu" a permis de vulgariser les savoirs autour de cet organe érogène.
Mais dans le dernier congrès de sexologie, les communications sont très centrées sur la pénétration. J’ai même entendu que la sexualité d’un couple s’arrêtait en cas de problèmes érectiles de l’homme. Le clitoris, on n’en parle quasiment pas.
Lorsqu’Odile Buisson a commencé à travailler sur l’anatomie du clitoris in vivo par le biais d’échographies, les portes de la faculté de médecine se sont fermées pour elle. Et, début 2011, quand son livre qui portait uniquement sur le clitoris est paru, le titre "Qui a peur du point G" a été préféré à "Qui a peur du clitoris ?".
Mon livre "La fabuleuse histoire du clitoris", 1ère édition en mai 2012, est la preuve que les choses évoluent. Le clitoris retrouve une visibilité dans la société civile, mais perdure un blocage au niveau médical.
Pourquoi dans un séminaire de sexologie, les 350 femmes sur les 600 participants ne montent-elles pas au créneau pour parler d’autre chose que de la pénétration ?
Propos recueillis par Daphnée Leportois.
Un autre interview de Valérie Marco du 24 novembre 2013 pour Direct Matin Montpellier
dimanche 2 mars 2014
samedi 11 janvier 2014
JE TU IL ELLE BANDE !
Est-ce que les femmes "bandent" aussi en dormant ?
Oui ! Nous avons plusieurs érections de notre cher ami Clitoris chaque nuit :
extrait par Sophie Bramly publié le 8 juin 2013 dans Terrafémina
Que fait-on en dormant, et quels sont les comportements selon que l'on est homme ou femme ? On sait que les barrières que nous nous imposons tombent pendant le sommeil et que le rêve comble nos frustrations et nos attentes. On sait aussi depuis les années 1960 que les hommes ont des érections pendant la phase du sommeil paradoxal (précisément le moment où l'on rêve). Mais que font les femmes dans les bras de Morphée ?
Depuis que des scientifiques ont fait ces découvertes sur le comportement masculin, ils ont cherché à savoir quel était celui des femmes. Le clitoris est-il également réactif pendant cette phase du sommeil ? La température des organes génitaux est-elle différente ? Qu'est-ce qui change ? Hélas, la partie visible du clitoris étant de petite taille, longtemps, les recherches n'ont porté aucun fruit. Il y une vingtaine d'années, la recherche s'est finalement orientée vers la circulation sanguine. C'est en effet essentiellement un relâchement des muscles permettant un afflux sanguin dans le corps caverneux du pénis qui permet la rigidité et l'allongement de celui-ci. Il apparut donc logique de chercher si les femmes, elles-aussi, « bandent » en dormant.
Or, il se trouve qu'il y a bien un afflux sanguin semblable à ce qu'il se passe lorsqu'une femme est excitée. Ce changement nocturne varie selon les nuits et les femmes ; il peut être à peine perceptible, comme il peut être aussi intense qu'en regardant des films adultes. Comme les hommes, les femmes peuvent aussi avoir un orgasme en dormant, à la suite de rêves érotiques, qu'elles soient, ou non, en mesure de s'en souvenir. Une des explications à cela, serait – pour les hommes comme pour les femmes – que ces rêves, accompagnés d'excitations allant parfois jusqu'à la jouissance, sont une façon pour le corps d'entretenir le tissu des organes génitaux, en apportant l'oxygène nécessaire au travers de cet afflux sanguin.
Ainsi, depuis l'aube de nos civilisations, les hommes, inquiets, n'ont cessé de forger la différenciation des sexes. Mais, dans le sommeil au moins, le naturel revient au galop …
Depuis que des scientifiques ont fait ces découvertes sur le comportement masculin, ils ont cherché à savoir quel était celui des femmes. Le clitoris est-il également réactif pendant cette phase du sommeil ? La température des organes génitaux est-elle différente ? Qu'est-ce qui change ? Hélas, la partie visible du clitoris étant de petite taille, longtemps, les recherches n'ont porté aucun fruit. Il y une vingtaine d'années, la recherche s'est finalement orientée vers la circulation sanguine. C'est en effet essentiellement un relâchement des muscles permettant un afflux sanguin dans le corps caverneux du pénis qui permet la rigidité et l'allongement de celui-ci. Il apparut donc logique de chercher si les femmes, elles-aussi, « bandent » en dormant.
Or, il se trouve qu'il y a bien un afflux sanguin semblable à ce qu'il se passe lorsqu'une femme est excitée. Ce changement nocturne varie selon les nuits et les femmes ; il peut être à peine perceptible, comme il peut être aussi intense qu'en regardant des films adultes. Comme les hommes, les femmes peuvent aussi avoir un orgasme en dormant, à la suite de rêves érotiques, qu'elles soient, ou non, en mesure de s'en souvenir. Une des explications à cela, serait – pour les hommes comme pour les femmes – que ces rêves, accompagnés d'excitations allant parfois jusqu'à la jouissance, sont une façon pour le corps d'entretenir le tissu des organes génitaux, en apportant l'oxygène nécessaire au travers de cet afflux sanguin.
Ainsi, depuis l'aube de nos civilisations, les hommes, inquiets, n'ont cessé de forger la différenciation des sexes. Mais, dans le sommeil au moins, le naturel revient au galop …
mercredi 8 janvier 2014
CLITERACY / SOPHIA WALLACE :
TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LE CLITORIS
par BLENDED le 12 septembre 2013 sur l'artiste Sophia Wallace retouché par MNL ;-)
Vous remarquerez comme l'intervieweur commence toutes ces questions par "mais" :-(
Cette Américaine fait de l’art. C’est-à-dire, un combat qui se drape d’esthétique.
Sophia Wallace se bat pour faire connaître le clitoris, ce drôle d’animal qui mènerait la femme à l’orgasme à coup sur. Et tout le monde le sait, une femme satisfaite, c’est une femme heureuse . Alors imaginez 3 milliards de femmes heureuses . Mais le clitoris est le dernier grand tabou de notre société. La preuve, cette interview contient 32 fois le mots clitoris, plus que vous ne le lirez jamais en un ou deux ans. Derrière ce mot qui fait rougir se cache des problèmes d’identité, de liberté, de pouvoir et de civilisation. Et surtout, vous aurez ici la réponse à la plus vieille question de l’humanité : existe-t-il un orgasme vaginal ?
Avant de parler de Cliteracy, un mot sur tes travaux précédents qui parlent tous des genres, de leurs différences et de la difficulté à placer une frontière entre eux. " Je pense qu’à la base il y a ce fait personnel : être née dans un corps de femme et devoir gérer toutes les projections sociales qui y sont associées. En quoi mon intelligence, mes compétences devraient dépendre de la présence ou non de testicules entre mes jambes ? Depuis que je suis une petite fille, j’ai expérimenté mon corps comme étant sexualisé. J’ai des souvenirs précis à 6 ans de me faire siffler par des passants alors que je m’amusais dans mon jardin. Et j’ai compris que mon corps pouvait être utilisé contre moi. En plus, en tant que lesbienne, je ne vois nulle part de représentation de qui je suis. Pas au ciné, ni dans la pub, ni dans l’histoire de l’art, je ne me vois nulle part. Je crée donc des images qui comblent ce manque. La masculinité chez les femmes est une chose rare et unique. Magnifique selon moi. Donc, montrer la façon dont, moi, je vois ma partenaire est important. Donner l’opportunité aux gens de voir à travers mes yeux. On a tendance à avoir des représentations trop marquées des genres, des sexualités. Il faut revenir à une identité individuelle.
Nous sommes d’abord des êtres humains."
" Les hommes ne doivent pas pleurer, ne doivent pas être sensibles, sinon on les traite de PD. Ils doivent savoir lire une carte, réparer les choses, et le pire c’est que les femmes participent à ce genre de clichés. Mais pour les femmes, il y a une trop grande méconnaissance sociale de leurs organes génitaux. Chez les médecins, ou pire, dans la bouche de
Un des faits exposés qui est le plus surprenant, c’est de voir que le clitoris n’a commencé à être scientifiquement étudié que très récemment. Dans les années 90. " Oui, c’est le docteur Helen O’Connell, urologue, qui s’est rendue compte que seuls les organes génitaux masculins étaient connus. Selon elle, ça s’explique parce que la majorité des corps qui sont étudiés par dissection, viennent des prisons. Et les prisonniers sont, en grande majorité, des hommes. Après ça, les scientifiques seraient partis du postulat simpliste que le corps de la femme était simplement un miroir inversé du corps de l’homme. C’est incroyable que l’on puisse identifier le Boson de Higgs, cartographier l’ADN, mais qu’on ne connaisse pas les bases de l’anatomie féminine, c’est choquant. Et en même temps, le vote des femmes est très récent, et n’existe pas partout. Dans de nombreux pays, les femmes ne sont même pas considérées comme des citoyennes."" Et financièrement, l’étude du clitoris ne rapporte pas. Un exemple parmi d’autre : si le clitoris était accepté et connu, l’industrie du porno s’effondrerait. Elle devrait complètement se réinventer en tout cas. Il ne serait plus question de pénis qui doivent pénétrer un trou aussi fort, aussi vite et aussi agressivement que possible. Je pense que si on ne connaît pas le clitoris, c’est qu’il y a un intérêt à l’ignorer. Quand on sait la manne financière que représente le viagra. Les gens qui veulent étudier le sujet ne trouvent pas de fond. Il y a ces docteurs français. Pierre Foldes et Odile Buisson. Ils ont réalisé des échographies du clitoris, prouvant, entre autre, que les femmes avaient aussi des érections. Et on apprend tellement aux femmes à se déconnecter de leurs corps, qu’elles ne savent même pas qu’elles ont des érections du clitoris. Le Docteur Pierre Foldes a aussi travaillé en Afrique, avec Médecins Sans Frontière, sur les jeunes filles ayant subies des mutilations. Il était le seul des médecins à se dire qu’on pouvait changer ça. Il a créé la première chirurgie pour réparer les dommages de l’excision. En fait, il expose les nerfs de la partie interne du clitoris. Et ces femmes qui n’avaient que de la douleur, ont enfin du plaisir, voir des orgasmes. On dépasse très largement le cadre de la simple sexualité. C’est une lutte contre la domination violente des hommes dans certains pays."
Mais peut-être que ce tabou scientifique n’est pas dû à une sorte de délire phallocrate plus ou moins conscient. Peut-être est-ce simplement un tabou autour du plaisir. Même les hommes connaissent mal leur plaisir. On croit encore aujourd’hui que chez l’homme, éjaculation = orgasme.
" Oui, c’est une conséquence de ce que la société nous impose de façon tacite sur nos identités sexuelles. Un homme doit être fort. Une femme doit être attirante, mais pas trop, et être un soutien émotionnel. On est tous censés jouer ces rôles. Mais en m’intéressant au clitoris, j’ai appris des choses sur le corps de l’homme aussi. Les trois événements : érection, éjaculation, orgasme, n’ont pas d’ordre particulier et ne se produisent pas toujours. Il y a une corrélation mais pas de causalité."
Mais si les scientifiques n’ont étudié le clitoris que récemment, les femmes, elles, savent que leur plaisir vient de cet organe depuis toujours. Pourquoi est-ce que certaines peuvent rester toute une vie avec un homme qui ne connaît pas le clitoris et ne pas lui dire ?
" Quand on est une petite fille, on découvre son corps et on sait quelles parties sont sensibles. Et puis, on va à l’école, et là, tout le monde parle de vagin. On étudie la reproduction et on ne parle jamais du clitoris. Partout dans la société, de toute façon, on ne parle du corps de la femme qu’en terme de reproduction. La vagin est l’organe de la reproduction, pas du plaisir.
La plupart des femmes que je connais pensent être les seules à avoir plus de sensibilité dans leur clitoris que dans leur vagin. Et je dois leur dire qu’elles font partie des 80 % de femmes qui sont comme elles. J’ai lu un numéro de Men’s Health l’autre jour, ils avaient un guide des 100 positions pour relancer sa vie sexuelle. Hormis le cunnilingus, aucune n’impliquait le clitoris."
Aujourd’hui, les hommes ont une énorme pression avec une culture porno trop et mal répandue. Tout n’est que performance pour eux. Avoir un gros pénis, durer longtemps, faire jouir sa partenaire. Quand on apprend que par stimulation du clitoris, une femme atteint l’orgasme en 4mn en moyenne, c’est un soulagement. En fait, tu te bats pour les deux sexes.
" Oui, c’est une belle façon de le voir. Je n’y avais pas pensé. Mais c’est vrai que beaucoup d’hommes pensent que certaines femmes ont du mal à venir. Alors qu’avec un vibro, il lui faudra trois minutes. Mais c’est honteux, socialement, d’avoir à toucher le clitoris. Tout simplement parce que le clitoris n’est pas impliqué dans la reproduction. La société doit être claire. Soit on ne fait l’amour que pour se reproduire, mais vous voudrez certainement faire l’amour plus de 2,3 ou 4 fois dans votre vie. Soit, le sexe est une histoire de plaisir, et alors chacun doit avoir accès au plaisir."
C’est vrai. Tout le monde considère l’être humain comme plus qu’un animal. Donc, une sexualité liée au plaisir est un signe de civilisation. Le clitoris pourrait devenir le plus grand symbole civilisationnel moderne.
" Je suis d’accord. C’est une question de liberté. Soyons honnête : le bon sexe appelle le sexe. On est satisfaite, mais on ne va pas s’éteindre, au contraire, on en voudra plus. Est-ce que les femmes détestent le sexe ? Non. Mais elles détestent le mauvais sexe. Il faut apprendre aux jeunes filles que le sexe ne doit jamais être une douleur ou même un mauvais moment. Si le sexe est désagréable, il faut juste changer de partenaire. Idem pour les petits garçons. On leur apprend surtout à ne pas mettre une femme enceinte. On devrait parler de respect, de plaisir, de respect du plaisir de l’autre. Expliquer aux enfants comment leurs corps fonctionnent, tout simplement."
Tu parles beaucoup de tabous, mais tu ne mentionnes jamais la religion.
" J’ai grandit avec une mère orthodoxe, d’origine grecque, et tu n’images pas combien de fois j’ai entendu le mot « vierge ». Vierge par-ci, vierge par-là. La Vierge Marie est la femme absolue. Et donc, puisqu’on ne peut pas devenir mère sans perdre sa virginité, on a échoué. D’emblée. La virginité est une grande injustice. Les hommes peuvent faire ce qu’ils veulent, ils restent intacts. Nous, on a droit à un seul coup. Comme une bouteille qu’on ouvre. Une fois que c’est ouvert, c’est ouvert."
Mais peut-être que si l’homme ignore le plaisir féminin, voir au pire, le mutile, ce n’est pas dans un projet phallocrate, conspirationniste. Peut-être est-ce simplement une peur instinctive. Celle des règles, de ce corps qui saigne. Celle de l’orgasme, tellement puissant.
" Bien sur. Même si je pense que la guerre fait bien plus peur qu’un orgasme. Mais le plaisir féminin est comme un océan. C’est une force créatrice incroyable. C’est une force qui donne littéralement la vie. C’est donc une réaction très primale face à cette puissance. D’après mes études, il y a 200 millions de femmes qui vivent actuellement sans clitoris. Une façon de s’assurer de la fidélité de sa femme, qu’elle soit pure et vierge le jour du mariage.
Selon toi, est-ce les choses vont dans le bon sens ? Est-ce que globalement, la situation s’améliore pour les femmes, en occident au moins ?
" Oui et non. Avec ce travail, je rencontre plein de gens qui connaissent les subtilités du plaisir féminin et beaucoup d’autres qui le découvrent et veulent l’appliquer immédiatement. Mais à chaque fois que je prends la parole quelque part, il y a toujours ces hommes qui ricanent à chaque fois qu’ils entendent le mot clitoris. Pour eux, le clitoris n’est qu’une blague. Ils ne veulent même pas écouter, ils sont surs de tout savoir. Alors que par définition, on ne sait pas ce qu’on ne sait pas. Et puis, il y a des groupes, aux États-Unis, comme les Promise Keepers, un groupuscule catholique, qui lutte pour que les hommes retrouvent leur place, qu’ils redeviennent de vrais hommes. Pas de sexe avant le mariage pour les femmes, bien sur.
Parles nous de ce rodéo de clitoris.
" C’était génial. Les seules règles étaient : vous devez respecter le clitoris et vous devez vous amuser. Et on notait les riders sur trois critères. La dextérité, le style et la générosité. C’était incroyable. Il y avait énormément de monde et personne ne savait à quoi s’attendre. Même pas nous. On a eu un homme qui nettoyait le clitoris avec son t-shirt pour sa femme enceinte de 8 mois. Certains surfaient le clitoris, d’autres faisaient du yoga. Lisaient. Fumaient une cigarette. À un moment, le clitoris s’est cassé. Ça m’a brisé le cœur. On a dit à tout le monde de partir, mais personne n’est parti. Et puis, une femme a demandé si elle pouvait quand même le chevaucher. Et en fait, ce qu’elle a fait était encore mieux que quand le clitoris était accroché au ressort. C’était très symbolique. Le clitoris n’est pas fait pour être attaché."
Nous devons éclaircir un point une fois pour toute : est-ce que l’orgasme vaginal est un mythe ou est-ce qu’il existe ?
Je suis très heureuse que tu poses la question. Fondamentalement, oui. Et non. En fait, les femmes peuvent avoir un orgasme par pénétration, mais c’est le clitoris interne qui y mène. Il faut d’abord stimuler le clitoris externe pour que le clitoris interne s’excite et devienne plus sensible. Après, bien sur, il y a des différences individuelles, donc, parlez avec votre partenaire.
jeudi 12 décembre 2013
JE NE RESSENS RIEN ... LOUISE 17 ANS
Contactée par Daisy pour répondre à Louise
sur le blog étudiant "Qu'est que j'en sexe" :
Je ne ressens rien quand je fais l’amour… C’est normal ?
« Je suis avec mon copain depuis 4 ans et je l’aime beaucoup. Nous avons des rapports depuis 3 ans mais le problème c’est que je ne ressens absolument rien. Ce n’est pas désagréable mais le fait que je sois incapable de ressentir quelque chose me pèse et pourrit notre vie amoureuse. Même seule, bien que j’arrive à me donner du plaisir clitoridien, je n’atteins jamais l’orgasme. Est-ce que je suis normale ? »
Louise, 17 ans
CE QU’ILS EN PENSENT :
Baptiste, 23 ans : « Cela va de soi mais on ne sait jamais : est-ce que tu as bien pris soin de discuter de cette situation avec ton copain ? Quand ça ne fonctionne pas, c’est important de dialoguer et de ne pas rester seule dans ton coin à psychoter… Peut-être qu’en discutant, ça débloquera quelque chose. »
Marie, 21 ans : « Je pense que ce n’est pas une question de normalité… Apprivoiser son corps et sa sexualité prend parfois un peu de temps, à chacun son rythme et ses envies. Une chose est sûre : si tu vis mal la situation, parle avec ton partenaire et change les choses, ne reste pas comme ça. »
L’AVIS DE NOTRE EXPERTE : Marie-Noëlle LANUIT, sexothérapeute et spécialiste du plaisir féminin.
Bonjour Louise,
Votre trouble est partagé par de nombreuses femmes et l’âge n’y change rien. A force le lire dans les magazines et de voir des femmes jouirent facilement dans certains films (systématiquement et de manière très démonstrative), beaucoup se sentent frustrées de ne pas vivre cette extase.
Mais sachons déjà de quoi nous parlons et ne confondons pas orgasme et jouissance : deux extases sexuelles si différentes.
L’ orgasme est une réaction du corps très mécanique. Quand je parle d’orgasme, je parle de cette sensation très électrique, comme aigüe et très furtive (quelques secondes seulement) dont le clitoris est l’unique déclencheur. Rappelons que le clitoris possède 10 000 terminaisons nerveuses. Le plaisir que vous dites ressentir quand vous jouez seule en caressant votre bouton de rose est certainement un orgasme. La stimulation du clitoris entraîne une série de contractions rapides des muscles du périnée et des organes génitaux ; ces contractions peuvent être très subtiles, presque imperceptibles. Tout cela s’accompagne également d’un changement du rythme cardiaque. Effectivement ça n’a rien à voir avec les longues minutes de râles cinématographiques…
La jouissance est très différente, c’est une sensation plus érotique, plus diffuse et plus sourde, comme une douce vague de chaleur ressentie dans le ventre et parcourant le corps. Elle peut durer plusieurs minutes sans passer par un point culminant de plaisir. Je pense qu’elle s’acquière au fil des expériences et surtout lors de rapports sexuels commençant très lentement, à base de caresses, de massages, de communication et de complicité. Elle n’a pas de marqueur physiologique contrairement à l’orgasme. En fait, il y a très peu de terminaisons nerveuses dans le vagin, donc il est tout à fait fréquent que des femmes ne ressentent pas forcément grand chose avec les « va-et-vient » d’un pénis.
Vous êtes au tout début de votre vie sexuelle, alors pour répondre à votre question : oui vous êtes tout à fait normale car, en réalité, il n’y a pas de normes ! Certes, il y a des statistiques mais souvent sur des enquêtes peu fiables, où les résultats aiment se calquer sur des représentations fausses.
L’art du plaisir sexuel est un long apprentissage qui passe avant tout par la découverte et la connaissance de son corps, par son érotisation et il n’y a pas de cours pour ça.
C’est à chacun d’entre nous de trouver notre chemin, et quel merveilleux voyage…
LE BON AVIS TRENDY :
Encore une fois, il n’est pas question d’être normale ou anormale… Concentre-toi d’abord sur tes désirs sans chercher à te comparer aux autres. Tu dis que tu ne ressens rien mais que ce n’est pas désagréable : tu ressens donc bien quelque chose ! Tu dis même que tu parviens à te donner du plaisir mais pas à atteindre l’orgasme… Et alors ? Atteindre l’orgasme n’est pas une fin en soi ! Evidemment, à force d’en entendre parler, ça donne envie de passer par là. Mais inutile d’en faire une quête absolue. Tu prends le risque d’être déçue à tous les coups. Commence par faire le plein de sensations, avec un peu de chance (et d’expérience), peut-être que tu toucheras le graal du bout des doigts…
EN BREF : « Le Graal est polymorphe, chacun porte en soi son Graal tel qu’il l’imagine et le cultive. » J.C. Payen, 1981
Daisy
lundi 15 juillet 2013
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