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lundi 21 avril 2014

POINT DU MARI !?

Le "Point du mari" désigne le fait de recoudre plus que nécessaire le vagin après une épisiotomie, lors d'un accouchement, pour l'agrément sexuel du conjoint. Seulement, l'avis de la femme compte peu et ça peut devenir très douloureux. Cette pratique consiste en la pose d’un point supplémentaire pour resserrer le vagin d’une femme après une épisiotomie, dans le but d’augmenter le plaisir sexuel de son/ses futur(s) partenaire(s).

OBSTETRIQUE - Céline V., sage-femme en région parisienne depuis huit ans, réagit à la publication de notre article sur le «point du mari»… En tant que sage-femme hospitalière, Céline V. n’a pas compris le déni de certains gynécologues obstétricien interrogés par 20 Minutes dans un article sur le «point du mari». Cette pratique consiste en la pose d’un point supplémentaire pour resserrer le vagin d’une femme après une épisiotomie, dans le but d’augmenter le plaisir sexuel de son/ses futur(s) partenaire(s). La semaine dernière, Agnès Ledig, sage-femme et écrivain, avait publié un texte dénonçant cet acte médical méconnu et sur lequel planent encore quelques zones d’ombre. Céline V., administratrice de l’un des principaux forums de discussion de la profession, la rejoint sur plusieurs points. Elle s’en explique.

Cette pratique est-elle connue des sages-femmes? 
«Ce n’est pas courant et quotidien. Quand l’une des sages-femmes de notre forum en a parlé récemment, il y avait des femmes qui, comme moi, en avaient entendu parler. Et d’autres qui sont tombées des nues. Les témoignages ont commencé à arriver. La parole s’est libérée. Une collègue m’a expliqué qu’elle avait prévenu le conseil de l’Ordre car un médecin de son établissement fait cela systématiquement aux patientes. Mais elle est perdue parce qu’elle a l’impression que tout le monde s’en fiche. Les femmes ne racontent pas n’importe quoi. On ne peut pas remettre leur parole en question.»
Les médecins peuvent-ils ne pas savoir? 
«Je comprends que des médecins ne puissent pas être au courant. Dans l’un des endroits où je travaille, les médecins ont beaucoup de respect pour les patients. Ils ne connaissaient pas ou alors ils en avaient entendu parler comme une légende urbaine. Comme d’un truc qui se faisait dans les années 50. Par contre, quand je leur ai expliqué, ils m’ont crue. Ils ont été outrés. Cela dépend beaucoup des lieux où les gens travaillent. Moi en huit ans, je n’ai jamais entendu un médecin proposer cela à une patiente.»
Le consentement des patientes est-il vérifié? 
«J’ai travaillé dans une dizaine de structures en huit ans. La notion de consentement sur l’épisiotomie est quasiment nulle. C’est une interrogation qu’on doit avoir en tant que professionnels. On a toujours deux minutes pour expliquer quelles seront les conséquences de ce geste médical (l’épisiotomie). Maintenant, les femmes peuvent choisir. Même si c’est en plein accouchement. Si elles refusent, elles en assumeront peut-être les conséquences. Pour autant, je n’ai jamais entendu un gynécologue ou une sage-femme demander: "Est-ce que vous êtes d’accord?"»
Envisagent-elles une action? 
«Alerter le public, c’est déjà bien. Il faut faire attention de ne pas faire peur. L’hôpital, ce n’est pas l’enfer. C’est important que les couples, les maris soient au courant. Si on leur propose, il faut qu’ils sachent que ça peut avoir des conséquences délétères pour la femme et donc pour leur couple. Il va falloir qu’on en reparle avec les gynécologues pour qu’ils ne démentent pas ce que nous dénonçons. On doit jouer ensemble. On va voir avec des collèges de gynécologues et de sages-femmes. Et pourquoi pas le Conseil de l’Ordre des sages-femmes et des médecins. On doit recueillir un maximum de témoignages pour produire un document à visée scientifique. Les internes en gynéco et les étudiants sages-femme doivent apprendre ça au cours de leur formation.»
Qu’en est-il de la relation sages-femmes-médecins? 
«Avec le mouvement de grève des sages-femmes, énormément de tensions ont été exacerbées. Des articles ont été extrêmement injurieux. Il y a eu des dépôts de plainte. Le corporatisme est très prégnant. On en a un peu gros sur la patate. Dès qu’on dit quelque chose, c’est perçu comme étant contre les médecins. Les gynécologues ne sont pas les seuls spécialistes du périnée de la femme. Nous suturons aussi des périnées. Ce qui choque les gynécologues, c’est quand même la pratique en soi. Ce n’est pas le fait qu’on la dénonce. Mais sur ce type de pratiques comme sur d’autres, il y a un corporatisme qui fait que les médecins ont du mal à entendre un message qui ne vient pas d’eux-mêmes.»


"Point du mari" : quand un syndicat de gynécologues fait preuve d'une misogynie effrontée


Nous avons pu lire avec effroi les propos de Jean Marty dans un article publié hier dans le monde.fr à propos du "point du mari". Interrogé en sa qualité de président du Syndicat des gynécologues-obstétriciens de France, Jean Marty, a tenu dans ce journal des propos emblématiques de la plus pure misogynie et d’un refus minutieux d'entrer en empathie avec les femmes. Ses propos nous alarment sur ce syndicat : si cet homme prétend défendre les intérêts de sa profession, on tremble en pensant combien ils pourraient être opposés à ceux des patientes.

Point du mari : une mutilation

Mal nommée, le "point du mari" est une mutilation sexuelle visant à rétrécir les sexes des femmes au moment de la suture de l'épisiotomie (section du périnée au moment de l'accouchement censée prévenir des risques de déchirures plus graves).

Le "point du mari" viserait à donner plus de plaisir aux hommes lors de la pénétration, rendant le coït douloureux pour les femmes. Cette pratique, taboue, a été récemment révélée par la multiplication detémoignages sur Internet.

Les femmes seraient des menteuses et les médecins des artistes

Décryptons les propos du docteur Marty. Niant tout d’abord que les pratiques dites du "point du mari" puissent exister, il rejette les témoignages qui pourtant fleurissent sur la toile et rétorque "c'est dans la tête des femmes". Pour lui, la parole des femmes ne compte donc pas, il ne peut y avoir que fantasmes, inventions et délires dans la tête d’une femme.

Ce commentaire fait froid dans le dos quand on sait que son métier impose bien évidemment d’écouter et de prendre en compte la parole des femmes qui entrent dans son cabinet.

Il ne s'agirait donc que de dérives de l'imagination féminine ? Lui-même se contredit juste après:

"La chirurgie est du domaine de l'art, on peut penser que certains médecins ont eu l'idée qu'en modifiant un peu leur façon de suturer, ils amélioreraient un peu la sexualité, et ça, ça ne nous choque pas."

Il reconnaît ainsi l’existence de ces pratiques qui ne choqueraient pas le Syndicat des gynécologues-obstétriciens, si tant est qu’elles soient décidées unilatéralement par des médecins, divins artistes touchés par la grâce de leur art, créateurs tout puissant d’une bonne sexualité des femmes. Il les défend donc, et fait passer pour un geste artistique ce qui est en fait une mutilation sexuelle.

Une mutilation d’autant plus grave qu’elle est commise par des médecins, abusant de leur fonction et de leur autorité, sans en informer les patientes.

Un mur de rejet, d'intolérance, d'imcompréhension

Et notre bon vieux gynéco ne s’arrête pas là dans le woman bashing. Il proclame ainsi, du haut de son autorité doctorale :

"Vous avez aussi des femmes qui sont bien dans la victimologie, qui se retrouvent dans une forme de souffrance parce qu'elles arrivent à susciter l'intérêt."

Ce commentaire est gravissime, et à deux niveaux. Tout d’abord parce que nous vivons dans une société où les violences patriarcales sont massives et massivement impunies, où 75.000 viols sont commis par des hommes tous les ans, et où 10% des femmes agressées osent porter plainte.

Lorsqu’elles s'y résolvent, se heurtent à ces même murs de rejet, d’intolérance, d’incompréhension. Mais les propos de Jean Marty apparaissent d'autant plus graves qu'ils sont tenus par un médecin, président d’un syndicat fier d'annoncer sur sa page Internet "la voix toujours raisonnable du SYNGOF est écoutée".

Ceux-là même qui devraient avoir à cœur de défendre l’intégrité physique des femmes. Ceux-là même qui devraient comprendre et reconnaître les conséquences dévastatrices des violences sexuelles.

Un mépris pour les femmes, leur sexe, leurs sexualités

Et puisque chacune de ses phrases est décidément une perle, l’article clôt son interview sur un magistral "Une sexualité épanouie, ce 'n'est pas un cadeau que la nature donne à tout le monde'".

Un médecin devrait pourtant savoir que la nature n’a rien à voir avec une sexualité épanouie ou non. La nature dote chaque femme d’un organe fabuleux, entièrement dédié au plaisir : le clitoris. Mais ensuite les sexualités des femmes sont souvent dévastées par les violences des hommes : viols, prostitution, mutilations sexuelles… et par une société androcentrée qui ne pense que par et pour le plaisir des hommes. Difficile parfois de se réapproprier du plaisir.

Au-delà des pratiques mutilatrices lors de la suture, l'épisiotomie en elle-même est encore pratiquée parfois de façon abusive c'est-à-dire sans être thérapeutiquement nécessaire aux patientes.

Près d'une femme sur deux (en 2002, 68% de celles qui mettaient au monde leur premier enfant) y serait encore soumise, alors que l'OMS préconiserait 10%, et que le taux d'épisiotomie serait de 6% en Suède...

Il arrive également fréquemment que des médecins - internes, gynécologues - ou des sage-femmes, en découpant et ou en recousant, abîment les sexes des femmes alors que cela peut et doit être évité. Précipitation à cause du démantèlement de l'hôpital public, désinvolture, mauvaise maîtrise des techniques chirurgicales, mépris pour les sexualités des femmes.. ?

L'épisiotomie ne devrait jamais être mutilatoire ou traumatisante, causer des douleurs et gênes pour toute la vie. C'est un sujet encore tabou or les femmes ont le droit de savoir et de décider, et doivent être entendue lorsqu'elles dénoncent ce qu’elles subissent.

Une clarification du SYNGOF et une action de Marisol Touraine s'imposent

Que le président du SYNGOF participe à ce système d'inversion qui consiste à traiter les femmes qui se plaignent de menteuses, et à présenter ceux qui les blessent comme des "artistes", est inadmissible !

Représente-t-il réellement la position du syndicat et de ses membres? Une clarification s'impose. Plus généralement, pour que toute la lumière soit faite sur ces pratiques et préserver la santé des femmes, nous demandons à Marisol Touraine d'agir. Signez notre pétition !

Les publications sur le sujet de l'épisiotomie et du point du mari amènent très rapidement des commentaires et témoignages de la part de nombreuses femmes. Il nous paraît nécessaire de les écouter et de collecter leur parole. Voici un espace pour laisser votre témoignage.


Marisol Touraine: nous voulons une enquête sur le "point du mari"

Pourquoi c'est important


mercredi 8 janvier 2014

SANS TITRE

" Toute une série de religions et de sociétés culpabilisent le plaisir et diabolisent le corps; et les femmes (et leur sexe) sont généralement considérées comme encore plus impures et plus sales que les hommes. Il est donc plus difficile pour elles d'être profondément bien dans leur peau, au point que certaines femmes ont véritablement honte de leur sexe :
Elles ne le regardent jamais et ne le touchent jamais, sauf, éventuellement pour y mettre un tampon.
Elles n'ont donc de contact avec leur sexe que par l'intermédiaire de leur petit ami, et sont donc sexuellement dépendantes de lui.
Cette dépendance est une conséquence, (comme la dépendance financière ou physique par exemple) d'une répartition cloisonnée, inégale et aberrante des rôles inculqués aux hommes et aux femmes dès la petite enfance. On apprend explicitement et implicitement aux enfants "ce que doit être une femme" et "ce que doit être une homme", les faisant grandir dans l'une ou l'autre direction selon leur sexe. Cette différenciation est si culturellement intégrée qu'elle parait naturelle, mais elle ne l'est pas, elle a été apprise et peut donc se désapprendre…
L’égalité des sexes est loin d’être acquise et pour y accéder, il faut, entre autres, que les femmes se réapproprient leur corps, jusqu’ici soumis au patriarcat.
Femmes de tous les horizons, libérons-nous !"

Dessin et texte de Léa
http://leanarchie.over-blog.net/pages/Feminisme-945756.html

lundi 7 octobre 2013

SEXE IN THE CITY - L'EXPO ...


La fabuleuse expo sur les plaisirs sexuels en toute sécurité par Solidarité sida revient à Paris 
Du sexe , du plaisir oui !  qu'il reste bon pour la santé et sans danger ... safe sexe , test ressent , amusons nous en adultes responsables.

Le HuffPost  |  Par Marine Le Breton - Publication:  : extraits : 

L'expo existe depuis 10 ans, mais ce n'est que la deuxième fois qu'elle est indépendante du festival Solidays. La première fois, en 2012, elle a attiré quelque 25.000 visiteurs curieux de savoir tout, tout sur le sexe, et ce qui l'entoure. Sex in the City: un labyrinthe de plaisir et de prévention sur la place publique, en plein milieu de la Place de la Bastille, qui dévoile et décortique tout ce qu'on s'est toujours demandé, ou ce qu'on ne soupçonnait pas, sur les pratiques et les dangers de la sexualité. L'objectif: "avoir un discours sans tabou, décomplexé sur le sujet", explique Mélanie Hubault, responsable prévention à Solidarité Sida.
 Caresses, bisous, jeux de langue, rien n'est laissé au placard. Il en est de même en ce qui concerne les diverses pratiques sexuelles: orales, anales, bondage, sado-masochisme, et orientations (homosexualité, bisexualité, hétérosexualité, etc.) sont toutes mises sur le même plan. 

















Quelques chiffres sur le sida :
17 personnes découvrent chaque jour, en France, leur séropositivité
Toutes les 15 secondes, une personne dans le monde meurt du sida
71% des 15-24 n'ont jamais fait de dépistage VIH

Et puis : 
Blennorragie, chlamydia, hépatites, syphilis... Des infections dont on n'entend pas parler tous les jours, qui méritent pourtant d'être connues. Car il existe des façons de s'en prévenir: les préservatifs, bien sûr, mais pas seulement masculins.


Le sexe reste un sujet tabou
par Maïtena Biraben dans Le Huffington Post du 5 octobre 2013 - extrait : 

Le sexe reste un sujet tabou. Même lors de dîners entre amis, qui d'entre nous ose? Pourtant, le sexe est un sujet qui nous intéresse et nous concerne tous.

C'est pourquoi je vous enjoins vivement et joyeusement à aller faire le tour de cette exposition. Parlez-en à vos ados, et laissez-les y aller seuls. L'exposition est gratuite, intelligente, ludique (parce que le sexe lui-même est ludique et rend heureux), et elle peut sauver! Simplement , légèrement: en disant, en montrant, en rassurant, en racontant, en échangeant . Aujourd'hui encore, et pas seulement en Afrique, les personnes touchées par le sida sont exclues. Il n'y a pas de bons ou de mauvais séropositifs. Que le préservatif ait craqué, qu'on se soit piqué, que notre partenaire nous ait dit qu'il était clean, les causes de la séropositivité sont multiples.


Communiqué de presse : 

Expo Sex in the City, saison 2
Avec Solidarité Sida, le sex fait l’événement à la Bastille

Forte de l’énorme succès de l’édition 2011, l’expo coquine et gratuite « Sex in the City » fait son retour à la Bastille dés le 5 octobre) pour une saison 2 pleine de malice et de jolies surprises. On y parle vrai et sans tabou ni jugement de la sexualité des jeunes. Nul doute qu’une fois encore, les curieux seront nombreux à se laisser séduire par cette initiative originale et pédagogique qui donne vraiment envie de ne pas s’abstenir.
Sur 800 m2, Sex in the City a pour ambition de titiller les sens et libérer les imaginaires sans jamais tomber dans la facilité ni la vulgarité. Le pari était osé et les équipes de Solidarité Sida l’ont relevé avec brio. Plaisirs, sentiments, risques, tous les sujets y sont mis en scène ou presque. Des cochons volants au plafond, de drôle de sex-toys en vitrine, un lit accroché au mur qui suggère des débats passionnés, une madame Irma pleine d’inspiration sont autant de variations autour d’un même thème : le plaisir. On découvre dans les premiers espaces qu’il n’y a pas une mais des sexualités et, qu’en termes d’éducation sexuelle, certains cours de rattrapage s’imposent. Même le célèbre Zep vient renforcer le propos avec un nouvel espace « happy Sex ».
« Sex in the City » s’attaque aussi à toutes les « bonnes » (ou mauvaises) raisons évoquées pour ne pas utiliser le préservatif à travers une mise en scène drôle et didactique qui interpelle incidemment le visiteur sur ses propres pratiques et sur les conséquences d’une sexualité non protégée (prévention des IST ou contraception).
Enfin, chaleureux et conviviaux, les bénévoles de Solidarité Sida et professionnels de santé proposent une fois encore aux visiteurs d’initier un dialogue en toute liberté. Des entretiens individuels ou collectifs sans langue de bois et dans le respect de l’intimité de chacun sont proposés. Une heureuse conclusion très appréciée, dans un domaine où les interlocuteurs sont rares et les discours souvent réduits à l’énumération d’interdits.
En 45 minutes de déambulation, « Sex in the City » réussit le tour de force de bousculer autant qu’elle peut amuser, d’apporter autant de réponses que de questions posées. On en sort un peu moins ignorant alors qu’on croyait pourtant tout connaître.
Avec cette initiative pour le moins culottée, Solidarité Sida prouve une fois encore que face aux risques sexuels innovation et prévention font bon ménage. Alors, laissez-vous séduire par cette exposition qui laisse libre cours à l’imaginaire et offre une occasion rare de faire le point, entre amis ou en famille, sur un sujet qui, décidément, passionne les foules et préoccupe chacun.

Du 5 au 20 octobre, Place de la Bastille (du mercredi au dimanche de 13h à 20h) Exposition gratuite, déconseillée aux – de 16 ans > + d’infos sur exposexinthecity.com 

jeudi 19 septembre 2013

VULVE ... PETALE ... FRUIT ...

... " La beauté, c’est une question de perception et cela s’apprend. Cessons dès l’enfance de faire comprendre aux gamines que leur sexe doit être caché parce qu’il est sale et dégoûtant. Et changeons de vocabulaire : plutôt que d’utiliser des termes vulgaires et indécents comme "con" ou "chatte", parlons de "fleur", de "pétale" ou de "fruit". Tout cela fait partie de l’éducation érotique : c’est ainsi que l’on peut apprendre à aimer sa vulve et à apprécier qu’elle soit dégustée."



Sexe : les femmes doivent savoir que leur vulve est belle… et apprendre à l’aimer


Pour lutter contre les diktats esthétiques du porno, une Australienne de 24 ans a décidé defaire la "révolution de la vulve" en créant un Tumblr avec des photos de sexes féminins, le Large Labia Project. Pour le sexologue Pascal De Sutter, ce site est une bonne initiative, mais, s'il l'on veut que les femmes acceptent leur corps, souligner la diversité des lèvres ne suffira pas.

(Crédit photo : _LYNNN/FLICKR)
 (Crédit photo : _LYNNN/FLICKR cc)

Les critères esthétiques autour de la vulve ne sont pas si récents que ça. L’infibulation, une mutilation génitale qui revient à suturer la majeure partie des grandes ou des petites lèvres, est pratiquée depuis longtemps au Soudan ou en Erythrée. On retrouve même des traces de cet usage sur des momies égyptiennes.

Le poil a disparu… et révélé la vulve

Si vouloir que la vulve soit sans reliefs, toute lisse, nette et donc supposément "propre", n’est pas nouveau sur notre planète, c’est un phénomène plus récent en Occident, qui est apparu avec la mode de se raser ou de s'épiler le pubis. À partir du moment où on rase, on voit la vulve en détail !

Dans "L’Origine du monde", de Gustave Courbet, il y a tellement de poils qu’on ne voit presque pas la vulve. Idem dans les "Playboy" des années 1970. Les lèvres des femmes qui posaient et s’exposaient pouvaient être petites, grandes ou minces, peu importait puisqu'on ne les voyait pas.

Aujourd’hui, le poil a disparu et a révélé la vulve, dans toute sa splendeur… ou son horreur, selon le regard que l’on pose dessus. Par conséquent les femmes vont se poser des questions sur la normalité de leur vulve. D'autant que, lorsqu'elles s'épilent, elles regardent leur sexe et vont le trouver, notamment par comparaison avec les images pornographiques, plus ou moins esthétiques.

Les normes actuelles sont à l’opposé de celles qui avaient cours en Afrique du Sud, lorsque lesHottentot tiraient sur les petites lèvres des petites filles parce qu’ils trouvaient plus esthétique que les petites lèvres pendent plus que les grandes lèvres. Aujourd’hui, certaines femmes se font à l’inverse des opérations de chirurgie esthétique visant à raccourcir les petites lèvres. Ou encore des injections pour gonfler leurs grandes lèvres et les rendre plus érotiques.

Un beau sexe est un sexe vivant et voluptueux

Il est donc intéressant que des femmes, comme cette Australienne avec son Large Labia Project, essayent de montrer que toutes les formes de vulve existent, comme toutes les formes de seins ou de bouche. Mais dire qu’il n’existe pas un modèle standard de vulve ou de lèvres n’est pas la question : les femmes s’en doutent.

Ce qu’il faut souligner, c’est que certains hommes aiment les vulves discrètes, avec peu de relief, et des petites lèvres quasi inexistantes, que d’autres aiment les vulves plus charnues, les considérant comme plus appétissantes et attractives, et que d’autres encore trouvent que de longues petites lèvres sont sexy.

Comme pour les seins ou les mamelons, il n’y a pas de norme : on peut aimer les fortes ou les petites poitrines, les petits mamelons foncés ou les gros mamelons roses. Sans oublier que l’on peut aussi attribuer de la beauté à ce que certains considèrent comme un défaut s’il existe une émotion par ailleurs : on peut ainsi s’éprendre des vergetures sur les fesses de la femme aimée.

L’important, c’est aussi la manière dont la femme vit son érotisme et tire du plaisir de sa vulve. Si elle la savoure, qu’elle aime se toucher ou se faire lécher, l’homme verra un sexe vivant, enthousiaste et voluptueux. Quand les femmes sont mal dans leur peau et n’aiment pas leur vulve, c’est rédhibitoire.

La beauté, c’est une question de perception et cela s’apprend. Cessons dès l’enfance de faire comprendre aux gamines que leur sexe doit être caché parce qu’il est sale et dégoûtant. Et changeons de vocabulaire : plutôt que d’utiliser des termes vulgaires et indécents comme "con" ou "chatte", parlons de "fleur", de "pétale" ou de "fruit". Tout cela fait partie de l’éducation érotique : c’est ainsi que l’on peut apprendre à aimer sa vulve et à apprécier qu’elle soit dégustée.

Propos recueillis par Daphnée Leportois.




jeudi 20 juin 2013

Quel CON !


CON ...

La planète des cons 

Le dîner de con 
Le roi des cons 
Requiem pour un con 
Le mur des cons 
Casse toi pauvre con 
Mort aux cons 
« Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît »

Bref ! nous sommes cernés par les cons, 
et bien justement ... 





3 lettres minuscules : une insulte ? 
Oui !  que nous utilisons tant ... et pourtant ! 
Ce mot parle de notre sexe , notre vagin ;
du latin "cunnus" qui veut dire gaine, fourreau d'où le mot cunnulingus.

On disait d’ailleurs avant : 
"enconner" pour parler de pénétration vaginale et "déconner" pour dire se retirer (utile moyen de contraception de l'époque).

Et ce CON est devenu une insulte sexiste au 19 ème siècle , il devient une construction adjectival décrivant une femmes de mauvaises moeurs. "Elle est con". 
Son emploi devient injurieux et misogyne , exploitant l'impuissance et la passivité du sexe féminin de l'imaginaire collectif. Bin voyons ! 
Une "connasse" était une prostitué sans expérience. 

Jules Michelet (historien français 1798-1874) déplore la bassesse de ce vocabulaire en écrivant : " C'est une impiété inepte d'avoir fait du mot con un terme bas, une injure. Le mépris de la faiblesse ? Mais nous sommes si heureux qu'elles soient faibles. C'est non seulement le propagateur de la nature, mais le conciliateur, le vrai fond de la vie sociale pour l'homme "

Heureusement qu’ il y a des poètes qui ont su utiliser ce mot noblement avec par exemple Louis Aragon qui signe en 1928 "Le con d’Irene" publié clandestinement sous le pseudonyme d'Albert de Routinie pour éviter la censure , un roman érotique , une ode passionnée à notre sexe Mesdames : 

"Ce lieu de délice et d'ombre, ce patio d'ardeur, dans ses limites nacrées ...

Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux ...
Si petit et si grand ! C'est ici que tu es à ton aise, homme en fin digne de ton nom."



et Georges Brassens qui écrit et chante  "Le Blason" :


"C'est injuste, Madame, et c'est désobligeant 

Que ce morceau de roi de votre anatomie 
Porte le même nom qu'une foule de gens"

Alors Mesdames et surtout vous Messieurs si vous aimez les Femmes , pour vos prochaines insultes et nom d'oiseau ... 

Pensez y maintenant ... ;-) 




Ayant avec que lui toujours fait bon ménage
J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant
Tendre corps féminin ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.

Ceût été mon ultime chant mon chant du cygne
Mon dernier billet doux mon message d'adieu
Or malheureusement les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable à l'odieux.

C'est la grande pitié de la langue française
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cette incomparable instrument de bonheur.

Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques
Tendre corps féminin' c'est fort malencontreux
Que la fleur la plus douce la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.

Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus familier coutumier
Il est inexplicable il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier

Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota de même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.

Misogyne à coup sûr asexué sans doute
Au charmes de Vénus absolument rétif
Etait ce bougre qui toute honte bue toute
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.

La malpeste soit de cette homonymie
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.


Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne en effaçant d'un coup des siècles d'avanie
A cette vraie merveille un joli nom chrétien

En attendant madame il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autre moyen et que je les connais
Et que je les connais.
Paroles et Musique: Georges Brassens   1972 © Editions musicales 57